🎧 Dans les grandes villes de la RDC, la nécessité des taxis-motos se heurte à l’insécurité routière

Très utilisés dans les grandes villes de la République démocratique du Congo, les taxis-motos se sont imposés comme une réponse aux carences des transports publics. À Kinshasa, malgré leur interdiction dans certaines zones stratégiques comme la Gombe, ils restent omniprésents. Entre nécessité urbaine et risques accrus d’accidents, le phénomène questionne.

En 2023, Target publiait une enquête révélant que les taxis-motos constituent le deuxième moyen de transport le plus utilisé par les Congolais (67 %), derrière les taxis automobiles (84 %). Cette popularité est le reflet des besoins croissants de mobilité dans les grandes villes de la République démocratique du Congo (RDC).

La situation est particulièrement visible à Kinshasa, mégapole de plus de 15 millions d’habitants, où le taxi-moto est devenu un maillon essentiel du transport urbain. Face à l’insuffisance des transports en commun et à la dégradation avancée de nombreuses routes, ce moyen de déplacement à deux roues permet de contourner embouteillages et impraticabilités.

Mais cette solution pragmatique s’accompagne de nombreux défis réglementaires et sécuritaires. Depuis 2014, l’accès des taxis-motos est officiellement interdit dans la commune de la Gombe, centre politique, administratif et diplomatique du pays. Une mesure censée fluidifier la circulation et renforcer la sécurité dans cette zone stratégique. Dans les faits, toutefois, l’interdiction reste largement inappliquée, malgré quelques opérations de répression ponctuelles.

Des travaux menés par trois chercheurs de Kinshasa aboutissent à un constat nuancé : si les taxis-motos facilitent la mobilité dans des villes fortement congestionnées, ils participent également à la hausse des accidents de la circulation, en raison notamment du non-respect du code de la route et de l’insuffisance de contrôles.

Le phénomène des taxis-motos est à découvrir dans ce magazine en français.