Au 7 juin 2026, la République démocratique du Congo totalise 515 cas confirmés et 91 décès liés à l’épidémie de maladie à virus Ebola dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Déclarée le 15 mai dernier, la 17e épidémie d’Ebola en RDC est partie de la localité de Mongbwalu, en Ituri. Depuis, la maladie continue sa progression. Dans son dernier rapport épidémiologique, le gouvernement fait état de 27 nouveaux cas confirmés venus s’ajouter au bilan précédent, alors que le taux de létalité atteint désormais 17,7 %.
Au total, 283 patients sont hospitalisés ou placés en isolement. Depuis le début de l’épidémie, 12 personnes ont toutefois été déclarées guéries et ont quitté les centres de traitement. Parmi elles, deux ont recouvré la santé à Bunia, en Ituri, tandis qu’une autre a été déclarée guérie dans la zone de santé de Katwa, au Nord-Kivu.
L’Ituri demeure cependant le principal foyer de l’épidémie. Sur les 104 zones de santé que compte la province, 17 sont actuellement touchées. Il s’agit notamment des zones de santé d’Aru, Aungba, Bambu, Bunia, Damas, Gety, Kilo, Komanda, Lita, Logo, Mambasa, Mangala, Mongbwalu, Nizi, Nyankunde, Rimba et Rwampara.
L’épidémie à virus Ebola présente également des ramifications dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Au Nord-Kivu, plusieurs foyers restent sous surveillance rapprochée. La zone de santé de Katwa compte à elle seule 11 cas confirmés et 8 décès. Beni totalise 5 cas confirmés et 3 décès, tandis que Butembo enregistre 4 cas et 2 décès. Les zones de santé d’Oicha, Kalunguta, Kyondo et Goma rapportent également des cas confirmés, avec des niveaux variables de mortalité.
À Goma, ville sous occupation, les autorités de fait ont réceptionné, le dimanche 31 mai, 500 doses de médicaments destinés à la prise en charge des cas confirmés d’Ebola Bundibugyo. Lors d’une mission effectuée dans cette ville le 25 mai dernier, la représentante ad intérim de l’OMS en RDC avait réaffirmé l’appui de l’Organisation à la riposte en cours.
Dans la province du Sud-Kivu, la zone de santé de Miti-Murhesa a recensé trois cas confirmés, dont un décès. Face à cette situation, les équipes de riposte poursuivent les activités de prise en charge médicale, de prévention et de sensibilisation communautaire dans les zones affectées.
Jusque-là, il n’existe toujours ni vaccin ni médicament spécifique. Toutefois, le protocole mis en place donne des résultats encourageants. Les autorités sanitaires appellent la population à la vigilance et recommandent de signaler rapidement tout cas suspect en composant gratuitement le numéro d’urgence 151. Pour limiter la propagation de la maladie, les structures de santé multiplient les campagnes de sensibilisation auprès des communautés locales. À Bunia, l’aéroport national a de nouveau été fermé au trafic, cinq jours seulement après sa réouverture.
Sur le terrain, plusieurs structures sanitaires internationales et nationales, notamment Médecins Sans Frontières et l’Institut National de la Santé Publique, sont à pied d’œuvre pour contenir l’épidémie. Si l’Ituri reste l’épicentre de la maladie, les autorités assurent que les foyers enregistrés au Nord-Kivu et au Sud-Kivu font l’objet d’une surveillance renforcée afin d’éviter une propagation plus importante de l’épidémie dans l’Est du pays.
Tour d’horizon de la situation sanitaire en Ituri et au Nord-Kivu dans ce magazine de Doudou Endombe Moseka.