🎧 Les vacances des enfants en RDC : repos, apprentissage ou pĂ©riode de travail ? 

Deux mois, loin des livres, devoirs, cahiers et stylos, … Quoi faire

Officiellement en RDC, le 2 juillet, sur toute l’étendue du pays, les écolesferment les portes. Et c’est les grandes vacances qui commencent. Qui dit « vacances » renvoie à la question « quoi faire pendant ces deux mois ». Dans la plupart de cas, c’est l’oisiveté qui s’installe chez la majorité des enfants. En l’absence d’un programme public d’encadrement pour prendre en charge les enfants, les églises et d’autres organisations ont pris la relève. C’est alors qu’on observe des colonies de vacances, des retraites, des ateliers de formation et autres pour occuper les enfants pendant cette période. On voit de moins en moins des tournois sportifs inter communal. Dans une certaine mesure, c’est les parents eux – mêmes qui ramènent leurs enfants dans les parcs ou ils payent tout simplement le voyage, à l’étranger ou à l’intérieur du pays.

Le Centre Wallonie Bruxelles situé à Gombe, dans le centre des affaires de Kinshasa a réuni des enfants des différents horizons

En une semaine, le CWB a pu réunir plus de 400 enfants, initialement prévu de cinq ans, mais on a vu même de tout petits, accompagnés de leurs nounous, ou un peu les plu participer à des ateliers.  De 8 heures et demi à 15 heures, heure locale, les enfants étaient dans plusieurs activités, notamment la lecture, la céramique, la robotique, la dance, des animations ludiques, des jeux d’intelligence, le coloriage, le tricotage, le bricolage, la marionnette, le conte, … autant d’activités, qu’il y avait du plaisir à y retourner le lendemain. Même les parents aimez bien raccompagner les enfants, comme Christine qui a accompagné son petit-fils de 4 ans

« C’est la première fois que je participe, je n’en savais pas. Quand je suis tombé sur le message, j’ai directement inscrit mon petit- fils. Arrivée sur le lieu, je remarque que les choses marchent bien. Les encadreurs prennent leur charge avec responsabilité. Mon petit- fils depuis qu’il assiste à cette activité, il est plus ouvert, même à la maison. Il cherche à faire des choses, à colorier comme il est en maternelle, il invente même des trucs, … vraiment c’est une bonne chose pour les enfants. C’est qui m’a ébloui, c’est que ce gratuit. Nous achetons juste de la nourriture pour les enfants, mais l’inscription est gratuite. »

Francesco Sunda, professeur d’arts visuels qui a été sollicité par le Centre Wallonie-Bruxelles, pour former et encadrer ces tout-petits pendant cette période de vacances. Il initie ses apprenants au monde de la céramique.

« J’ai expliqué la céramique, nous avons échangé avec eux, ensuite on a utilisé la technique du modelage avec la pâte d’argile.  C’était une expérience riche pour moi, je leur ai laissé le temps de créer par rapport à leur imagination et j’ai pu découvert les petits artistes parmi eux. »

C’est depuis 2012 que le Centre Wallonie-Bruxelles a initié ce genre d’activités, avec pour objectif de former les enfants de manière informelle à travers les jeux, la lecture et les activités artistiques.

Les vacances des enfants dans les milieux ruraux riment avec les activités champêtres ou commerciales pour préparer la rentrée scolaire

Dans la province du Sud – Ubangui, précisément au groupement de Bokuda, un milieu rural situé à 3 kilomètres de la ville de Gemena, pendant les vacances, c’est le moment que les enfants mettent à profit pour chercher de l’argent pour la rentrée scolaire prochaine. Nous avons rencontré Joséphine, âgée de 12 ans, dans une ferme. Chaque matin, elle parcourt 8 kilomètres pour se rendre au champ où elle accompagne son père, qui cultive notamment le maïs, le café et d’autres produits agricoles. La vente des récoltes permet de subvenir aux besoins de la famille.

« Mon frère ainé est agronome. C’est lui qui m’inspire et pendant les vacances, je viens prêter main forte à la famille dans les petits travaux au champ. Car c’est ça qui assure notre subsistance »

Paul par contre, lui c’est le commerce. Il a 15 ans. Il n’a pas de lieu fixe pour vendre. Il se déplace de quartier en quartier à la rencontre de ses clients, notamment dans les débits de boissons. Il explique

« Je me suis lancé dans la vente des œufs. Ma mère m’a remis une partie du capital de démarrage. Mais pour renforcer mes moyens et lancer mon activité, j’ai dû cueillir et vendre des noix de coco. Mon chiffre d’affaires a augmenté.Chaque jour, j’économise 4 000 francs congolais. Avec cet argent, je vais acheter un sac d’écolier et des cahiers » 

La plupart des parents à Bokuda, comme chaque année, emmènent leurs enfants dans des campements situés plus loin de la communauté pour participer aux travaux champêtres, notamment les semis et la récolte des produits agricoles. Ils ne rentreront qu’à la veille de la rentrée scolaire.

Une autre activité qui attire les enfants pendant les vacances, c’est l’activité minière à Kolwezi

À Kolwezi, chef-lieu de la province du Lualaba, les vacances scolaires prennent depuis quelque temps une dimension particulière. Avec la présence des sites miniers, parfois implantés au cœur même des quartiers résidentiels, la tentation est grande pour certains enfants en vacances de s’y rendre pour chercher du travail. Afin de les protéger et de leur proposer des alternatives constructives, la ville, mais aussi plusieurs structures locales, organisent des colonies de vacances. Ces initiatives visent à éloigner les jeunes des activités minières et à leur offrir des espaces d’apprentissage, de loisirs et de socialisation