🎧Comment sont gérés les décès liés à Ebola ?

Alors que la RDC fait face à la 17e épidémie de la maladie à virus Ebola, la question de la dignité des morts refait surface. Souvent mal perçu au sein des communautés, l’enterrement digne et sécurisé est pourtant préconisé pour limiter la propagation de l’épidémie.

La maladie à virus Ebola continue de faire des victimes. Depuis l’annonce de l’épidémie à la fin du mois de mai, plus de 190 personnes ont déjà perdu la vie. Le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a annoncé que le gouvernement avait mobilisé 50 millions de dollars pour la riposte. Réunis en France mardi, les pays du G7 ont, quant à eux, annoncé un investissement de « plus d’un milliard d’euros pour aider la RDC, l’Ouganda et les autres territoires qui pourraient être touchés ».

Sur le terrain, des organisations comme Médecins Sans Frontières appellent à un engagement réel des communautés dans la lutte contre Ebola. Les résistances communautaires face à la riposte continuent de freiner les interventions. Fin mai dernier, dans la localité de Rwampara, foyer de l’épidémie situé près de Bunia, des jeunes manifestants ont attaqué des installations sanitaires pour réclamer le corps d’un proche décédé d’Ebola. À Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, des agents de la Croix-Rouge chargés de procéder à un enterrement digne et sécurisé ont été grièvement blessés au cimetière de Nyamurongo.

Enterrement digne et sécurisé

Les rites funéraires occupent une place centrale dans la vie sociale et culturelle en Afrique. Manipuler le corps du défunt ou le laver fait partie de ces pratiques qui deviennent particulièrement dangereuses en période d’épidémie, notamment lors d’une flambée d’Ebola.

Depuis 2014, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a mis en place un protocole d’enterrement digne et sécurisé (EDS), à la suite de l’épidémie qui a frappé l’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016. À l’époque, il avait été établi qu’environ 20 % des nouvelles infections pouvaient être liées aux inhumations, le corps d’une personne décédée d’Ebola restant hautement contagieux après le décès.

Photo : AFP.

Les équipes chargées des enterrements dignes et sécurisés travaillent en collaboration avec les proches des victimes.

« Après une brève sensibilisation, nous demandons à la famille de désigner deux ou trois personnes pour assister à toutes les étapes du processus », explique Kambale Bakwanamaha, volontaire de la Croix-Rouge à Butembo.

« Éviter la contamination »

Munies de leurs équipements de protection individuelle, les équipes chargées de la gestion des décès liés à Ebola appliquent plusieurs mesures essentielles avant l’inhumation : décontamination du corps, mise en place d’un sac mortuaire et prévention de tout contact direct avec le défunt.

Selon le médecin épidémiologiste Philippe Kyunyu, ce protocole vise avant tout à éviter la propagation du virus.

« Il faut éviter la contamination parce que, si l’on laisse le corps entre les mains de la communauté, il demeure hautement contagieux. C’est pourquoi nous recommandons qu’il soit pris en charge par une équipe spécialisée », explique-t-il.

Le protocole d’EDS implique également les communautés dans le déroulement des funérailles. Les proches sont encouragés à participer à certaines étapes de l’inhumation, notamment les prières, les rites religieux compatibles avec les mesures sanitaires ainsi que les moments de recueillement autour de la tombe.

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Autre lien : https://www.studiohirondellerdc.org/%f0%9f%8e%a7-face-a-ebola-les-autorites-sanitaires-maintiennent-lalerte-maximale