En visite à Kinshasa, le secrétaire général adjoint de l’ONU, Jean-Pierre Lacroix, a annoncé que l’organisation souhaite obtenir des « garanties de sécurité » des parties au conflit dans l’est de la RDC afin d’utiliser l’aéroport de Goma pour déployer une mission de surveillance du cessez-le-feu. Malgré l’accord signé en décembre 2025 entre Kinshasa et Kigali, accusé de soutenir le groupe armé M23, les combats persistent dans la région.
L’Organisation des Nations unies (ONU) souhaite obtenir des « garanties de sécurité » des parties au conflit dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), afin d’utiliser l’aéroport de Goma pour le déploiement d’une mission de surveillance en vue d’un cessez-le-feu, a déclaré le secrétaire général adjoint de l’ONU mardi 10 février à Kinshasa.
L’est du pays, déchiré par des conflits depuis trente ans, est en proie depuis fin 2021 à la résurgence du groupe armé Mouvement du 23 mars (M23), soutenu par Kigali et son armée.
La signature d’un accord de paix entre la RDC et le Rwanda à Washington en décembre 2025 n’a pas mis fin aux combats. Le texte prévoit l’intervention de la Mission des Nations Unies en RDC (Monusco) pour une mission de surveillance sur le terrain en vue de la mise en œuvre d’un cessez-le-feu « permanent ».
Cette mission est censée se déployer dans les prochaines semaines à Uvira, ville frontalière du Burundi, dont le M23 s’était emparé en décembre dernier avant de s’en retirer sous pression de Washington.
Les modalités de ce déploiement n’ont pas été précisées, mais la base des casques bleus la plus proche d’Uvira se trouve à Goma, grande ville de l’est tombée aux mains du M23 en janvier 2025, et qui dispose d’un aéroport international fermé depuis la prise de la ville.
« Nous ne sommes pas encore, et même loin de là, dans une situation où il y a un cessez-le-feu effectif dans l’est mais il y a une situation à Uvira où le M23 s’est désengagé », a expliqué à la presse le secrétaire général adjoint de l’ONU, Jean-Pierre Lacroix, lors d’une visite à Kinshasa, la capitale congolaise.
« Il faudra d’abord des reconnaissances aériennes, ensuite le déploiement d’un nombre limité de personnels sur le terrain à Uvira, et puis éventuellement ensuite une présence plus substantielle », a détaillé M. Lacroix. « Il faudrait que nous puissions probablement partir de l’aéroport de Goma», d’où partiraient les hélicoptères pour les missions de reconnaissances, a poursuivi le représentant de l’ONU, ajoutant que « la condition préalable est que nous ayons les garanties de sécurité de la part de tous les acteurs sur le terrain ».
Fin octobre, le président Emmanuel Macron avait annoncé la réouverture prochaine de l’aéroport de Goma, réclamée par une partie des humanitaires œuvrant dans la zone. Le M23 avait, de son côté, opposé une fin de non recevoir au chef de l’État français, jugeant son appel « inopportun ».
Près de 8.000 casques bleus sont déployés dans l’est de la République démocratique du Congo, avec des contingents notamment de Tanzanie, du Kenya, d’Amérique du Sud ou encore du Pakistan.
Studio Hirondelle RDC, avec AFP