Une humanitaire française tuée par une frappe aérienne à Goma

Une humanitaire française travaillant pour le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) a été tuée dans la nuit du 10 au 11 mars à Goma, dans la province du Nord-Kivu, lors d’une frappe aérienne ayant touché la maison où elle résidait. Les circonstances exactes de l’attaque et son origine restent à déterminer, dans un contexte de combats persistants dans l’est de la RDC.

Une humanitaire française de Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) a été tuée dans une frappe aérienne à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, tombée aux mains du mouvement politico-militaire Alliance Fleuve Congo / Mouvement du 23 Mars (AFC/M23) en fin janvier 2025. Le groupe armé M23 s’est emparé depuis fin 2021, avec le soutien du Rwanda et de son armée, de vastes pans de territoire dans la partie Est de la République démocratique du Congo (RDC), riche en ressources et ravagée depuis trente ans par des conflits.

Des sources humanitaires ont fait état de plusieurs sites visés et de plusieurs personnes tuées, mais l’Agence France Presse (AFP) n’a pas été en mesure de déterminer le bilan avec certitude à ce stade, ni l’origine exacte de ces frappes.

Les forces de Kinshasa sont positionnées à plusieurs centaines de kilomètres de Goma, et mènent régulièrement des frappes de drones à longue portée sur les positions du M23 dans l’est. Le mouvement fait également usage de drones kamikazes sur le front, selon des sources sécuritaires. 

Des détonations ainsi que des bruits de drones ont été entendus dans la nuit de mardi 10 au mercredi 11 mars à Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, située à la frontière du Rwanda, selon des témoins. En fin de matinée, le président français Emmanuel Macron a annoncé sur X  qu’« une humanitaire française de l’Unicef » avait « été tuée » à Goma. 

Frappe sur une maison

Des sources humanitaires et les secours dépêchés sur place ont confirmé à l’AFP que cette ressortissante française avait été tuée pendant la nuit par une frappe sur une maison où elle résidait. Cette demeure est située dans le quartier de Himbi, un quartier aisé et résidentiel de Goma, situé au bord du lac Kivu, où sont installés nombre d’expatriés, de personnels et de sièges d’organisations humanitaires. De vastes résidences y ont été réquisitionnées par des cadres du M23 après la prise de la ville.

Des sources sécuritaires contactées par l’AFP estiment que les frappes visaient des responsables ou des proches du groupe armé, et que la maison occupée par cette humanitaire française a été touchée par erreur. Un humanitaire présent à proximité de cette maison pendant la frappe a affirmé à l’AFP avoir entendu deux explosions, une première précédée par un bruit de drones, puis une seconde, suivie par le bruit d’un drone s’éloignant du site. 

Ce mercredi matin, des pompiers, des personnels de la Mission des Nations-unie, et des responsables du M23 étaient présents sur le site, a constaté un correspondant de l’Agence France Presse.  

« Respect du droit humanitaire »

La maison était gravement endommagée, partiellement incendiée, et sa toiture détruite. Les murs et le mobilier sont apparus criblés de petits impacts ressemblant à l’explosion d’une bombe à fragmentation. Des proches de la victime, collègues ou amis, étaient également sur les lieux, en proie à une vive émotion. Aucun débris de drone ou de projectile n’a été identifié à ce stade, selon les secours présents sur place. 

« J’appelle au respect du droit humanitaire et des personnels qui sont sur place et qui s’engagent pour sauver des vies », a écrit sur X le chef de l’État français, adressant « le soutien et l’émotion de la Nation » à sa famille et ses proches. 

Dans un tweet de ce mercredi matin, Lawrence Kanyuka, porte-parole de l’AFC/M23, a affirmé que « Ce matin, la ville de Goma a été frappée par une attaque terroriste menée par drone, perpétrée par le régime de Tshisekedi Tshilombo ciblant les Nations Unies et l’Union européenne ».

La RDC et le Rwanda ont entériné début décembre un fragile accord de paix sous l’égide de Washington, qui n’a pas mis fin aux combats. L’Angola, un autre médiateur dans le conflit de l’est, a proposé à Kinshasa et au M23 d’observer un cessez-le-feu à compter du 18 février, sans plus d’effet sur le terrain. Les États-Unis ont annoncé début mars des sanctions contre l’armée rwandaise pour son soutien M23 dans l’est. 

Début mars, le M23 a annoncé la mort de l’un de ses porte-paroles, Willy Ngoma, dans une frappe de drone à proximité du site minier de Rubaya, situé dans la province du Nord-Kivu, et sous le contrôle du M23 qui en tire d’importants revenus grâce à une taxe prélevée sur la production et le commerce des minerais, notamment du coltan. 

Studio Hirondelle RDC, avec AFP