Le président de la République du Congo, Félix Tshisekedi s’est exprimé sur plusieurs grandes questions politiques, mercredi 6 mai 2026 à Kinshasa, à l’occasion d’une conférence de presse tenue en marge de la Journée mondiale de la liberté de la presse. Dans son intervention, le chef de l’État a rendu hommage aux journalistes congolais et étrangers, saluant leur rôle dans la défense de la démocratie et l’information des citoyens, notamment dans un contexte marqué par la guerre dans l’Est de la RDC. Il a insisté sur la responsabilité des médias face à la désinformation et à la manipulation de l’opinion publique.
Le chef de l’État congolais, en fonction depuis janvier 2019, a indiqué ne pas être demandeur d’un troisième mandat, mais rester disponible si les Congolais le sollicitaient, tout en précisant qu’une éventuelle révision de la Constitution devrait obligatoirement passer par un référendum. « Si changement ou révision de la Constitution doit se faire, ce ne sera jamais sans consulter la population, par référendum », a-t-il ajouté.
Incertitude autour de la tenue des élections de 2028
Félix Tshisekedi a estimé que la poursuite du conflit dans l’Est de la République démocratique du Congo compromet l’organisation des élections prévues en 2028. « Si on ne peut pas terminer cette guerre, malheureusement on ne saura pas organiser les élections en 2028 », a-t-il déclaré, faisant allusion aux provinces du Nord et Sud Kivu, où plusieurs zones sont sous le contrôle des rebelles de l’AFC/M23 depuis plus d’une année. Le président a insisté sur la nécessité d’un retour de la stabilité dans ces régions, affirmant qu’il serait difficile d’organiser un scrutin national sans leur participation.
« On ne va pas organiser les élections sans le Nord et le Sud-Kivu quand même », a-t-il ajouté, établissant une comparaison avec d’autres situations de conflit, notamment en Ukraine, où des élections ont été reportées en raison de la guerre.
Sur le plan sécuritaire, Félix Tshisekedi a réaffirmé que la RDC fait face à une « guerre d’agression » dans l’Est du pays. Il a dénoncé les violences subies par les populations civiles et réitéré son soutien aux forces armées congolaises ainsi qu’aux populations affectées par le conflit. Le président congolais a également défendu les efforts diplomatiques entrepris par son gouvernement, notamment les accords de Washington, qu’il présente comme des initiatives visant à restaurer la paix, la stabilité et la souveraineté nationale, sans compromettre les intérêts du peuple congolais.
Le panier de la ménagère
Concernant l’économie, Félix Tshisekedi a évoqué plusieurs projets d’infrastructures et réformes engagées par son gouvernement. Il a notamment affirmé que les salaires des fonctionnaires ont été triplés, tandis que ceux des militaires et policiers ont été quadruplés. Selon lui, le véritable succès économique doit se mesurer à l’amélioration des conditions de vie de la population et du pouvoir d’achat. Le chef de l’État a aussi insisté sur la nécessité de renforcer l’unité nationale, la responsabilité politique et le respect des institutions. Se disant ouvert au dialogue, il a toutefois précisé que celui-ci ne doit pas servir d’instrument de pression ou de remise en cause de l’ordre constitutionnel.
Enfin, Félix Tshisekedi a réaffirmé sa vision d’une RDC souveraine, productive et respectée sur la scène internationale, appelant les Congolais à rester unis face aux défis sécuritaires, économiques et sociaux.
