Depuis le 1er septembre dernier, les écoles en RDC ont rouvert leurs portes pour accueillir près de 31 millions d’élèves, selon le ministère de l’Éducation nationale. Mais la rentrée ne se déroule pas de la même manière partout dans le pays. L’épidémie de la maladie à virus Ebola, qui touche six provinces, ainsi que l’insécurité persistante dans l’est de la RDC, empêchent certains élèves de reprendre le chemin de l’école.
Selon un rapport du Cluster Éducation, coordonné notamment par l’Unicef et Save the Children, en collaboration avec les autorités congolaises, près de 500 000 enfants sont privés d’école, principalement en raison des conflits et de l’insécurité.
Parmi les 12 provinces concernées par cette situation, sur les 26 que compte le pays, le Sud-Kivu, le Nord-Kivu et l’Ituri concentrent une grande partie des enfants déscolarisés, avec au total 832 écoles fermées.
Prudence accrue dans les zones à haut risque
Dans les provinces touchées par Ebola, la rentrée scolaire se déroule sous haute surveillance. Les ministères de la Santé et de l’Éducation nationale ont mis en place une classification en trois niveaux pour les 138 sous-divisions éducationnelles concernées jusqu’à présent par l’épidémie.
Dans les zones classées en vert ou en orange, les cours peuvent se dérouler normalement en présentiel, mais avec des mesures de prévention et de surveillance renforcées. En revanche, dans les zones rouges, considérées comme à haut risque ou confrontées à une transmission active du virus, les élèves ne peuvent pas être réunis normalement en classe.

Le ministère de l’Éducation nationale a ainsi mis en place un dispositif temporaire d’enseignement à distance allégé.
« C’est un dispositif qui n’est mis que dans les 2 890 écoles qui sont dans les zones rouges. L’élève reçoit à la maison le cahier qui recense l’essentiel du programme des deux premières semaines de septembre, ainsi qu’une programmation de diffusion à la radio qui doit compléter son apprentissage », précise la ministre de l’Éducation nationale, Raïssa Malu.
Les syndicats haussent le ton
Les préoccupations liées à cette rentrée ne sont pas seulement sécuritaires et sanitaires. Dans la province de l’Équateur, les syndicats d’enseignants maintiennent la pression sur le gouvernement concernant les conditions salariales.
À la veille de la rentrée scolaire, ils ont exigé le respect des engagements pris par le gouvernement en matière de rémunération des enseignants.
Les enseignants du primaire bénéficiaires d’une prime de gratuité de 80 000 francs congolais réclament notamment le paiement d’un manque à gagner de 20 000 francs congolais, promis lors des assises de Bibwa en 2024.
François Mukadi Nkashama, secrétaire provincial du Syndicat des enseignants du Congo dans la province de l’Équateur, a pris part aux discussions avec le gouvernement en 2024.
« Les engagements ont été pris. Le gouvernement ne doit pas attendre qu’on vienne les lui rappeler. Il doit les respecter automatiquement », affirme-t-il.
De son côté, la Direction de la paie des enseignants a tenu une conférence de presse en prélude à la rentrée scolaire. Elle a assuré avoir procédé à l’assainissement des fichiers de paie afin de lutter contre la fraude et de permettre aux enseignants remplissant les conditions requises de bénéficier de leur salaire.
Autre lien : https://www.studiohirondellerdc.org/rdc-1-131-ecoles-restent-fermees-pres-de-492-000-enfants-prives-decole
