RDC : la BCC vise 5 tonnes d’or monétaire, DRC Gold Trading veut capter davantage d’or artisanal

RDC : la BCC vise 5 tonnes d’or monétaire, DRC Gold Trading veut capter davantage d’or artisanal

La Banque centrale du Congo (BCC) ambitionne de porter ses réserves en or monétaire à 5 tonnes d’ici fin 2026. En parallèle, DRC Gold Trading réclame un allègement fiscal pour attirer davantage de négociants et de coopératives minières vers les circuits officiels, avec un objectif de commercialisation pouvant atteindre 18 tonnes d’or cette année, selon le média économique Bankable.

La République démocratique du Congo cherche à mieux valoriser sa production aurifère, notamment celle issue de l’exploitation artisanale. L’enjeu est double : renforcer les réserves internationales du pays et réduire les volumes d’or commercialisés en dehors des circuits officiels.

Selon Bankable, la Banque centrale du Congo avait acquis environ 2,5 tonnes d’or à fin juillet 2026. Elle vise un total de 5 tonnes d’ici décembre, dans le cadre de sa stratégie de diversification des réserves internationales.

Cette orientation repose notamment sur un partenariat conclu en février 2026 entre la BCC et DRC Gold Trading SA, une entreprise publique chargée de structurer la commercialisation de l’or artisanal. Le dispositif prévoit la collecte, l’achat, la certification et la traçabilité d’une partie de la production nationale, avant son intégration dans les réserves de la Banque centrale sous forme d’or monétaire.

Dans une communication publiée le 9 avril 2026, le gouverneur de la BCC, André Wameso Nkualoloki, avait expliqué que cette stratégie devait contribuer à diversifier les réserves internationales, à renforcer la confiance dans la politique monétaire et à protéger le pays contre les fluctuations des marchés.

Des réserves internationales en hausse

D’après les données présentées par le gouverneur lors d’une conférence organisée à Kolwezi, dans la province du Lualaba, les réserves internationales de la RDC sont passées de 1,7 milliard de dollars en 2021 à 8 milliards de dollars à fin juillet 2026. Elles s’établissaient à 7,8 milliards de dollars à fin septembre, soit environ trois mois de couverture des importations de biens et services.

Dans ce contexte, la mobilisation de l’or produit localement constitue un levier supplémentaire pour diversifier les actifs détenus par la Banque centrale.

Mais pour atteindre ses objectifs, le pays doit aussi convaincre les producteurs, les négociants et les coopératives minières de vendre leur or dans les circuits légaux.

DRC Gold Trading réclame un allègement fiscal

C’est dans cette perspective que DRC Gold Trading demande un assouplissement de la fiscalité applicable aux opérateurs du secteur aurifère artisanal.

Dans un article publié le 14 octobre 2026, Bankable rapporte que le directeur général de l’entreprise, Joseph Kazibaziba, a rencontré le 9 octobre le directeur général de la Direction générale des impôts (DGI), Barnabé Muakadi. Les discussions ont notamment porté sur l’impôt sur les bénéfices et profits (IBP) et la taxe sur la valeur ajoutée (TVA).

Selon Bankable, qui cite également Radio Okapi, DRC Gold Trading estime que les contraintes fiscales actuelles rendent le circuit officiel moins attractif et encouragent une partie des opérateurs à recourir à des circuits parallèles.

L’entreprise n’a cependant pas précisé les taux ni les dispositions qu’elle souhaite voir modifiés. En RDC, les taux de droit commun de l’IBP et de la TVA sont respectivement de 30 % et de 16 %. Leur application effective dépend de la nature des opérations et du régime fiscal concerné.

Des flux d’or échappent aux circuits officiels

Pour justifier sa demande, DRC Gold Trading avance qu’environ 75 tonnes d’or quitteraient illicitement le territoire congolais chaque année, notamment à destination du Rwanda et de l’Ouganda. Selon les études citées par l’entreprise et rapportées par Bankable, ces flux représenteraient près de 10 milliards de dollars de valeur échappant aux circuits officiels.

Ces estimations doivent être attribuées à leurs sources et ne constituent pas, à elles seules, une mesure indépendante des volumes réellement exportés clandestinement.

Pour DRC Gold Trading, un allègement fiscal pourrait inciter davantage de négociants et de coopératives à déclarer leurs transactions. L’efficacité d’une telle mesure dépendrait toutefois de sa capacité à rendre les achats officiels plus compétitifs, tout en maintenant des mécanismes de contrôle et de traçabilité efficaces.

Un objectif de 18 tonnes en 2026

DRC Gold Trading affirme être présente dans neuf provinces et disposer d’une dizaine de succursales couvrant notamment la Grande Orientale, le Grand Nord, le Grand Katanga et l’espace Kasaï. Ce réseau doit permettre de rapprocher les points d’achat des producteurs et des négociants.

L’entreprise ambitionne de commercialiser entre 15 et 18 tonnes d’or en 2026, après avoir déclaré avoir exporté 3,5 tonnes en 2025. Si elle atteint le seuil de 18 tonnes, son volume annuel serait plus de cinq fois supérieur à celui déclaré l’année précédente.

Les objectifs de DRC Gold Trading et de la BCC restent toutefois distincts : le premier porte sur la commercialisation de l’or, tandis que le second concerne la constitution des réserves en or monétaire de la Banque centrale.

La réussite de cette stratégie dépendra notamment de la capacité des autorités à formaliser le commerce de l’or artisanal, à améliorer sa traçabilité et à orienter une part plus importante de la production nationale vers les circuits officiels.