L’Organisation mondiale de la santé (OMS) met en garde contre une propagation plus complexe de la maladie à virus Ebola en Afrique, après la confirmation d’un premier cas au Nigeria. La patiente est une diplomate d’origine ougandaise résidant à Abuja, infectée par la souche Bundibugyo, également à l’origine de l’épidémie en République démocratique du Congo (RDC).
L’Afrique fait face à une situation épidémique plus complexe avec la détection d’un cas d’Ebola au Nigeria, a déclaré jeudi Mohamed Janabi, directeur régional de l’OMS pour l’Afrique. Les autorités sanitaires nigérianes ont identifié 44 personnes ayant été en contact avec la patiente et renforcent les mesures de surveillance.
Selon les informations communiquées par les autorités sanitaires, la femme est arrivée à Abuja le 3 octobre, après un séjour en Ouganda entamé le 16 septembre. Son voyage s’est effectué à bord d’un vol d’Ethiopian Airlines, avec une escale à Addis-Abeba.
Le directeur général des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), Jean Kaseya, a précisé que la patiente n’avait pas voyagé en RDC, contrairement à de premières informations relayées par les autorités ougandaises.

La RDC reste le principal foyer de l’épidémie
La souche Bundibugyo circule en RDC depuis mai, où elle est à l’origine de la 17e épidémie d’Ebola enregistrée dans le pays. Cette flambée est devenue l’une des plus meurtrières de l’histoire du pays, avec plus de 4 300 décès, selon les chiffres rapportés par l’AFP.
Le Nigeria devient ainsi le quatrième pays africain touché cette année par cette souche du virus. La situation suscite des inquiétudes en raison de la capacité de propagation de la maladie et de son taux élevé de mortalité.
Mardi, Jean Kaseya avait qualifié la situation de « menace extrêmement grave », appelant à une mobilisation internationale pour renforcer la réponse sanitaire sur le continent.
Le Nigeria veut éviter un nouveau scénario de 2014
La détection de ce cas rappelle l’épidémie qui avait frappé l’Afrique de l’Ouest entre fin 2013 et 2016, faisant plus de 11 000 morts dans la région. Au Nigeria, la riposte sanitaire avait permis de limiter la propagation du virus : le pays avait enregistré 19 infections et sept décès.
Le virus Ebola se transmet principalement par contact direct avec le sang ou d’autres liquides biologiques d’une personne infectée, ou avec des objets contaminés. Il peut provoquer une maladie grave, parfois mortelle.
En août, l’Ouganda avait annoncé la fin de son épidémie après l’enregistrement de 20 cas et de deux décès. Le Kenya a également signalé un nouveau cas, portant à neuf le nombre de cas rapportés dans ce pays, selon les informations reprises par l’AFP.
Au Nigeria, la patiente est prise en charge dans un hôpital privé. Le représentant de l’OMS dans le pays, Pavel Ursu, a fait état de signes encourageants concernant son état de santé, après des informations faisant état d’une défaillance de plusieurs organes.
Face à cette nouvelle détection, les autorités sanitaires poursuivent le suivi des contacts afin de limiter les risques de transmission et d’éviter une propagation plus large de l’épidémie.
Source : AFP
