Un essai clinique du vaccin Ervebo contre Ebola est en cours en République démocratique du Congo (RDC), alors que son efficacité contre la souche Bundibugyo, responsable de l’épidémie actuelle, n’est pas encore démontrée. Le 4 novembre, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a recommandé l’intégration de deux nouveaux candidats vaccins aux essais cliniques lancés en RDC depuis fin octobre.
« Aujourd’hui, les groupes d’experts de l’OMS recommandent d’ajouter deux candidats vaccins », a annoncé à la presse le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Ces deux vaccins ont été spécialement conçus pour lutter contre la souche Bundibugyo, à l’origine de l’épidémie actuelle, qui a déjà fait plus de 5 300 morts sur plus de 10 400 cas recensés.

L’épidémie a également suscité des inquiétudes au-delà des frontières congolaises. Le Nigeria a enregistré un premier cas d’Ebola sur son territoire. Le Kenya en a recensé neuf, dont deux décès. En Ouganda, 20 cas, dont deux décès, ont été signalés. Le pays a toutefois été déclaré exempt de la maladie par l’OMS.
Deux nouveaux vaccins et des traitements à l’essai
Il s’agit d’un vaccin à vecteur adénoviral, le ChAdOx1, développé par l’université d’Oxford, au Royaume-Uni, en partenariat avec le Serum Institute of India. Le deuxième, développé par le groupe pharmaceutique américain Moderna, repose sur la technologie de l’ARN messager.
« Le fait que ces vaccins soient prêts à entrer en phase d’essais cliniques témoigne de la puissance de la science et du partenariat », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Selon le directeur général de l’OMS, l’intégration de ces deux candidats vaccins aux essais permettra de recueillir des données essentielles susceptibles de contribuer à sauver des vies. Il a toutefois souligné que la vaccination constitue un outil important pour maîtriser l’épidémie, mais qu’elle ne représente pas l’unique moyen d’y mettre fin.

L’OMS précise que le dispositif mis en place vise à tester plusieurs candidats vaccins dans le cadre d’un seul essai clinique. L’approche retenue est celle de la vaccination en anneau, qui consiste à vacciner les personnes ayant été en contact avec des cas confirmés.
En parallèle, l’organisation soutient depuis juillet un programme de recherche thérapeutique destiné à évaluer si l’anticorps monoclonal MBP134, l’antiviral remdésivir ou leur combinaison peuvent améliorer les chances de survie des personnes infectées par la souche Bundibugyo.
Un autre anticorps monoclonal, le maftivimab, devrait également être intégré prochainement à cet essai afin d’en évaluer l’efficacité. Une étude complémentaire sur la prophylaxie post-exposition à l’obeldesivir est par ailleurs en cours.
Selon l’OMS, les premiers résultats des essais thérapeutiques sont attendus dans les prochains mois, tandis que ceux des essais vaccinaux devraient être disponibles au début de l’année 2027.
SHRDC-AFP
