Cap sur l’extension de Kinshasa

Un nouvel acte vient d’être posé dans le cadre du projet d’extension de Kinshasa. La ministre des Affaires foncières, O’Neige N’Sele Mimpa, a signé le 20 avril un arrêté déclarant d’utilité publique un vaste espace situé dans la commune de Maluku. Toutefois, l’information n’a été rendue publique que le 11 mai. Avec près de 20 millions d’habitants, la capitale de la République démocratique du Congo n’occupe qu’environ 40 % de l’espace qui lui est réservé, une large portion restant encore non occupée.

D’une superficie de 43 159 hectares, ce périmètre est destiné à accompagner l’expansion de la mégapole congolaise, confrontée depuis plusieurs années à une forte pression démographique et à une urbanisation souvent désordonnée. À travers cette initiative, les autorités veulent anticiper les besoins futurs en matière d’habitat, d’infrastructures et d’aménagement urbain.

Réduire la saturation de Kinshasa

Par cette action, le gouvernement entend réduire la pression urbaine qui pèse sur Kinshasa. Selon les autorités, le projet vise à décongestionner la ville, améliorer l’aménagement urbain et répondre aux défis environnementaux et sociaux liés à l’expansion rapide de la capitale.

Le site concerné, situé notamment le long du fleuve Congo, est déjà occupé par plusieurs détenteurs de droits fonciers. La déclaration d’utilité publique ouvre ainsi la voie à d’éventuelles expropriations, conformément aux lois en vigueur.

Une ville pensée pour l’avenir

Le projet prévoit une organisation structurée de l’espace avec plusieurs zones fonctionnelles. Plus de 18 000 hectares seront consacrés à l’habitat et aux aménagements urbains. Environ 10 000 hectares seront réservés aux activités industrielles, tandis que plus de 8 000 hectares seront destinés à l’agriculture.

Photo : Congo Airways

Le plan prévoit également des espaces verts, des infrastructures logistiques, des axes de transport intégrant route, rail et ponts, ainsi qu’une marina. L’ambition affichée est de bâtir une ville moderne, durable et mieux organisée.

Plusieurs villages concernés

Plusieurs villages (41) du groupement Nguma et des localités voisines sont concernés par ce projet, notamment Bangala, Bende Bende, Binza, Bombala, Bueta Libele ya Mambutuku, Dumue, Gwado, Ibindi, Imbia, Imbo, Impini, Inga, Kingambuini, Ingana, Igweme, Inko, Karo, Kimpeti et Soo. Les populations vivant dans ces zones pourraient être relocalisées ou indemnisées. Dans le groupement Kingakati, un seul village est concerné, il s’agit du village Bita.

Les travaux sont prévus pour une durée totale de huit ans. Porté par le promoteur anglo-suisse Carousel Finance, le projet est estimé à 50 milliards de dollars et ne sera pas financé par l’État congolais, mais via des partenariats public-privé (PPP).

Supervisé par un comité stratégique dédié, « Kinshasa Kia Mona » figure parmi les projets urbains les plus ambitieux lancés en RDC ces dernières années. Avec cette déclaration d’utilité publique, le gouvernement pose désormais les bases juridiques de ce vaste chantier appelé à transformer durablement le visage de la capitale congolaise.