L’Africa CDC, l’agence sanitaire de l’Union africaine, a annoncé jeudi son intention d’élargir la vaccination contre Ebola en République démocratique du Congo. Bien que l’épidémie actuelle soit provoquée par le variant Bundibugyo, pour lequel il n’existe ni vaccin ni traitement homologué, l’organisation estime que le vaccin développé contre la souche Zaïre pourrait réduire considérablement le risque de décès.
La RDC a déclaré sa 17ᵉ épidémie d’Ebola le 15 mai, après plusieurs semaines de circulation du virus. Initialement détectée dans la province de l’Ituri, l’épidémie s’est rapidement propagée à plusieurs provinces de l’est du pays, notamment au Nord-Kivu.
Selon les autorités congolaises, 3 973 cas confirmés, dont 1 801 décès, ont été recensés depuis le début de cette flambée. Ce bilan dépasse déjà celui de l’épidémie de 2018-2020, la plus meurtrière jamais enregistrée dans le pays, qui avait causé près de 2 300 décès pour environ 3 500 cas.
Face à cette situation, le directeur général de l’Africa CDC, Jean Kaseya, a annoncé une nouvelle stratégie vaccinale.
« Nous avons décidé, sur la base de toutes les données disponibles, d’étendre l’utilisation du vaccin contre la souche Zaïre à l’ensemble de la population de l’Ituri et du Nord-Kivu », a déclaré le responsable de l’agence lors d’une conférence de presse.
Selon lui, les observations réalisées jusqu’à présent montrent que les personnes vaccinées peuvent être infectées par le variant Bundibugyo, mais développent généralement des formes moins graves de la maladie.

« Nous n’avons observé aucun décès parmi les personnes vaccinées. Tous les décès que nous enregistrons aujourd’hui concernent des personnes non vaccinées », a affirmé Jean Kaseya, sans préciser le nombre de doses disponibles pour cette campagne.
Le remdesivir également privilégié
L’Africa CDC souhaite également renforcer l’utilisation du remdesivir en RDC, un antiviral qui, selon l’organisation, a contribué aux bons résultats obtenus en Ouganda lors de la gestion de cas importés depuis la RDC.
« Si le taux de létalité en Ouganda est de 10 %, c’est principalement parce que les autorités ougandaises ont administré le remdesivir aux malades ainsi qu’aux personnes identifiées comme cas contacts », a expliqué Jean Kaseya.
L’Ouganda a annoncé à la mi-juillet ne plus compter de malade atteint d’Ebola après la guérison du dernier patient hospitalisé. D’après le ministère ougandais de la Santé, le pays a enregistré 20 cas confirmés, dont deux décès, tandis que tous les autres patients ont guéri.
À ce stade, les autorités sanitaires congolaises ne se sont pas encore prononcées sur les annonces de l’Africa CDC concernant l’extension de la vaccination et l’utilisation accrue du remdesivir.
SHRDC-AFP
