La province du Sud-Ubangi est officiellement devenue la septième province de la République démocratique du Congo (RDC) touchée par la dix-septième épidémie d’Ebola dans le pays.
Le gouverneur du Sud-Ubangi, Jean-René Galekwa, a annoncé le 10 septembre 2026 la présence du virus Ebola dans cette province du nord-ouest de la RDC. Cette confirmation intervient à la suite d’investigations menées par les services de santé et de l’analyse d’un échantillon provenant de la zone de santé de Bulu.
Cette nouvelle contamination intervient alors que l’épidémie, déclarée à la mi-mai 2026, s’est déjà propagée dans plusieurs provinces du pays. Son épicentre se situe en Ituri, dans le nord-est de la RDC.
Une tendance épidémiologique à la baisse
Malgré l’extension géographique de l’épidémie, le professeur Placide Mbala Kingebeni, directeur de la recherche, des essais cliniques et de l’innovation à l’Africa CDC, estime que la situation épidémiologique montre des signes d’amélioration.
« Oui, en regardant les données épidémiologiques, surtout la courbe épidémique, on peut voir qu’on a dépassé le pic et que la courbe est dans sa phase descendante », explique-t-il.
Selon lui, cette évolution permet de considérer que l’épidémie est actuellement sous contrôle, tout en appelant à la prudence.
« Les mesures qui ont été mises en place grâce au dynamisme de l’équipe de riposte conduite par l’incident manager, le professeur Steve Ahuka, commencent à produire des effets. On est sûr que, dans les semaines qui suivent, on pourra voir l’impact de ces mesures », poursuit le professeur Mbala Kingebeni.
Il relève également une baisse du nombre de cas quotidiens, y compris dans les zones considérées comme des « hotspots », où le taux de positivité était particulièrement élevé.
« On peut voir également que le nombre de cas journaliers, que ce soit les cas confirmés ou les décès confirmés, diminue effectivement », souligne-t-il. Il estime toutefois nécessaire d’attendre encore quelques semaines avant de tirer des conclusions définitives sur l’évolution de l’épidémie.
Un patient au parcours à travers plusieurs provinces
Selon le gouverneur du Sud-Ubangi, le cas confirmé dans cette province concerne un patient décédé après avoir voyagé à travers plusieurs régions de la RDC et dans des pays voisins.
D’après Jean-René Galekwa, le patient avait séjourné au Rwanda et en Ouganda avant de rejoindre la province de l’Ituri. Il a ensuite voyagé jusqu’à Kisangani, dans la province de la Tshopo, où il aurait commencé à développer des symptômes.

Le malade a ensuite emprunté le fleuve Congo en bateau jusqu’à Lisala, dans la province de la Mongala. Il y a passé deux jours dans un centre de santé avant d’être transféré dans un autre établissement à Gwaka, dans le Sud-Ubangi, où il est finalement décédé.
Ce parcours suscite des inquiétudes quant au risque de propagation du virus dans plusieurs provinces traversées par le patient et le bateau.
« L’itinéraire emprunté à la fois par le patient, mais également par le bateau, expose la population » à une éventuelle propagation du virus, a alerté le gouverneur.
À ce stade, 38 personnes ayant été en contact avec le patient ont été identifiées et placées en quarantaine, selon les autorités provinciales.
Des besoins importants pour la riposte
L’extension de l’épidémie intervient alors que les acteurs de la riposte font état de besoins importants en ressources humaines et financières.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime notamment que 5 000 personnels de santé supplémentaires sont nécessaires pour renforcer la réponse à l’épidémie.
Environ 1 400 lits sont actuellement disponibles dans les 59 centres de traitement existants. Selon l’OMS, 1 600 lits supplémentaires seraient nécessaires pour répondre aux besoins.
Les organisations impliquées dans la riposte alertent également sur l’insuffisance des financements nécessaires au suivi des contacts, à l’isolement des malades et au renforcement des capacités de prise en charge.
Des vaccins et traitements encore à l’étude
La flambée actuelle est provoquée par le virus Ebola de l’espèce Bundibugyo, contre lequel aucun vaccin ni traitement n’est homologué à ce jour.
Les vaccins homologués contre Ebola ciblent principalement le virus Zaïre, responsable des grandes épidémies précédentes.

Dans l’attente d’un vaccin spécifique contre le virus Bundibugyo, l’OMS a recommandé la mise en œuvre d’un essai clinique de phase 3 afin d’évaluer l’efficacité du vaccin Ervebo contre cette souche.
Un lot de 16 250 doses d’Ervebo, destinées en priorité aux soignants et aux personnels de première ligne, est arrivé en RDC à la fin du mois d’août. La vaccination a débuté à Kisangani.
Dans ses recommandations, l’OMS préconise pour l’instant d’utiliser Ervebo contre le virus Bundibugyo uniquement dans le cadre d’essais cliniques destinés à évaluer son efficacité.
Plus de 3 300 décès confirmés
Selon le dernier bilan communiqué par les autorités congolaises cité dans les informations fournies, l’épidémie a fait 3 310 décès parmi 6 843 cas confirmés depuis son début.
Déclarée à la mi-mai 2026, cette dix-septième épidémie d’Ebola en RDC a commencé en Ituri avant de s’étendre à plusieurs provinces de l’est et du nord du pays.
Avec la confirmation du cas dans le Sud-Ubangi, sept provinces sont désormais officiellement touchées, ce qui renforce les inquiétudes sur les risques de propagation du virus le long des principaux axes de déplacement de la population.
SHRDC-AFP
Autre lien : https://www.studiohirondellerdc.org/la-rentree-scolaire-en-rdc-entre-defis-securitaires-et-sanitaires
