Au moins cinq miliciens pro-Kinshasa ont été tués le 26 août dans des affrontements avec des militaires des Forces armées de la RDC dans l’est du pays, sur fond de tensions locales entre ces deux alliés contre le groupe armé M23, a indiqué l’armée congolaise le 27 août.
Le 26 août, des miliciens wazalendo ont attaqué des militaires de l’armée régulière, stationnés à proximité du poste-frontière de Kamimvira avec le Burundi, situé aux abords d’Uvira, ville de la rive nord-ouest du lac Tanganyika et l’une des dernières grandes agglomérations de la province orientale du Sud-Kivu n’étant pas tombée aux mains du groupe armé M23. Des tirs et de fortes détonations ont secoué les abords d’Uvira pendant plusieurs heures, ont indiqué à l’Agence France Presse (AFP) des sources locales et gouvernementales.
Ces affrontements ont fait au moins cinq morts parmi les miliciens, ainsi que deux blessés dont un militaire congolais, a déclaré Reagan Mbuyi Kalonji, porte-parole de l’armée congolaise dans la zone, dans le communiqué.
Les tensions sont chroniques entre wazalendo et l’armée régulière à Uvira, sur laquelle plane la menace du M23, soutenu par le Rwanda et qui prétend défendre les populations tutsi de l’est du pays. Elles ont été exacerbées le 25 août lorsque des wazalendo ont empêché l’enterrement d’un haut gradé de l’armée congolaise, issu de la communauté banyamulenge, minorité tutsi de la République démocratique du Congo souvent discriminée.
Ils ont menacé de mort deux groupes de Banyamulenge venus assister à l’inhumation, dont l’un arrivé du Burundi par le poste-frontière de Kimimvira, ont affirmé les représentants de la communauté banyamulenge dans un communiqué publié le 26 août. Ces incidents ont provoqué ou servi de prétexte aux affrontements entre miliciens et militaires mardi, a indiqué à l’AFP une source gouvernementale.
Les violences se poursuivent dans l’est de la RDC – région en proie à divers conflits depuis trois décennies – malgré la signature d’un accord de paix entre Kinshasa et Kigali fin juin, suivie en juillet d’un engagement à un cessez-le-feu signé par Kinshasa et le M23.
Des sources sécuritaires et locales ont fait état à l’AFP de violents combats ces derniers jours dans la province du Sud-Kivu entre le M23 et le camp progouvernemental – wazalendo et FARDC. Elles s’inquiètent d’une prochaine offensive du M23 sur Uvira, ce que le M23 dément.
Studio Hirondelle RDC avec AFP