Débuté le lundi 22 juin 2026 sur l’ensemble du territoire de la République démocratique du Congo ainsi que dans les centres organisés à l’étranger, la 59e édition de l’Examen d’État a officiellement pris fin ce jeudi 25 juin 2026. Le lancement officiel a été effectué à Lubumbashi, dans la province éducationnelle du Haut-Katanga 1, par la ministre d’État en charge de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu.
Au total, 1.082.742 candidats sont inscrits à cette session et répartis dans 3.267 centres de passation. Parmi eux, 1.079.675 finalistes relèvent de l’enseignement général, dont 482.557 filles (44,7 %) et 597.118 garçons (55,3 %). Le Cycle court professionnel enregistre quant à lui 6.237 candidats répartis dans 252 centres.
Une progression encourageante de la participation des filles
Dans son allocution, la ministre Raïssa Malu a salué l’augmentation du taux de participation des filles, passé de 42,9 % en 2025 à 44,6 % en 2026. Une évolution qui, selon elle, témoigne des progrès réalisés dans l’accès des jeunes filles à l’éducation et dans leur maintien à l’école.
Elle a également rappelé le rôle central de l’éducation dans la transformation sociale et le développement du pays.
Les examens maintenus en Ituri malgré Ebola et l’insécurité
Dans la province éducationnelle de l’Ituri 1, les épreuves se déroulées normalement malgré un contexte marqué par une insécurité résiduelle et la résurgence de la maladie à virus Ebola.
Les autorités éducatives indiquent que les 55 centres de passation prévus sont restés opérationnels, y compris un centre délocalisé à Kampala, en Ouganda. Contrairement aux années précédentes, aucune modification majeure de la cartographie des centres n’a été nécessaire.

Dans un entretien accordé à Radiookapi.net, le directeur provincial de l’Éducation nationale, Yvon Mouke, attribue cette stabilité à une amélioration relative de la situation sécuritaire, notamment dans les territoires de Mambasa et de Djugu.
« Tous les centres ont conservé leurs emplacements habituels et aucun rapport inquiétant n’a été signalé sur le plan sécuritaire », a-t-il assuré.
Un dispositif sanitaire renforcé contre Ebola
Pour prévenir la propagation de l’épidémie pendant les examens, les autorités éducatives, avec l’appui du gouvernement et de l’UNICEF, ont mis en place un protocole sanitaire strict dans tous les centres.
Les mesures comprennent notamment :
L’installation de dispositifs de lavage des mains ;
L’utilisation systématique de thermoflashs à l’entrée des centres ;
La réduction du nombre de candidats par salle, limité à environ 25 élèves afin de respecter la distanciation physique.
Selon les responsables provinciaux, aucun incident sanitaire majeur n’a été signalé durant les épreuves.
Guérie d’Ebola, une candidate reprend les examens
Parmi les patients récemment guéris d’Ebola figure Kahindo Julienne, élève autodidacte et candidate à l’Examen d’État 2026.
Prise en charge au Centre de Traitement Ebola du Centre Médical Évangélique de Bunia après avoir développé une forme sévère de la maladie, la jeune fille a bénéficié d’un accompagnement médical et psychosocial avant d’être déclarée guérie.

Quelques heures seulement après sa sortie du centre, elle a rejoint les salles d’examen afin de poursuivre les épreuves, offrant un témoignage fort d’espoir et de résilience.
L’absentéisme demeure préoccupant dans certaines zones
Malgré le bon déroulement général de la session, plusieurs provinces font face à des cas importants d’absentéisme liés aux conflits armés ou à des difficultés socio-économiques.
À Fataki, dans la province de l’Ituri, les autorités scolaires signalent un taux d’absence avoisinant 50 %, conséquence directe des violences armées qui ont perturbé la scolarité de nombreux élèves.
Une évaluation détaillée du taux réel de participation sera effectuée à l’issue des examens.
Au Nord-Kivu, l’insécurité réduit fortement le nombre de candidats
Dans la sous-division éducationnelle de Njiapanda, en territoire de Lubero (Nord-Kivu), l’insécurité persistante a gravement affecté le parcours scolaire des élèves.
Selon l’inspecteur chef de pool du secondaire, Kavusa Mukokoma David, les attaques et déplacements de populations enregistrés durant l’année scolaire ont perturbé les activités pédagogiques pendant plusieurs mois.
Conséquence : seuls 241 finalistes ont été inscrits cette année, tandis que 41 candidats étaient déjà absents dès le premier jour des épreuves.
Près de 2.000 élèves manquent à l’appel dans la province du Maï-Ndombe
La province éducationnelle du Maï-Ndombe 3 enregistre également une importante déperdition scolaire.
Sur plus de 10.000 élèves initialement attendus, près de 2.000 n’ont finalement pas participé à l’Examen d’État 2026.
Cette situation est principalement attribuée à une grève des enseignants qui a paralysé les cours pendant plus de trois mois en raison des arriérés de salaires.

Selon le ministre provincial de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Justin Iyolo, cette interruption prolongée a poussé certains parents à retirer leurs enfants de l’école, tandis que plusieurs jeunes filles finalistes ont abandonné leurs études après être tombées enceintes.
« Nous sommes passés de plus de 10.000 à environ 8.000 candidats. La grève a profondément affecté le système éducatif dans la province », a-t-il expliqué.
Les autorités mettent en garde contre les débordements
À l’approche de la fin des épreuves, plusieurs responsables administratifs appellent les finalistes à faire preuve de responsabilité.
À Kinshasa, le bourgmestre adjoint de la commune de Ngaliema a mis en garde contre les comportements excessifs souvent observés après les examens.
À Matadi, le maire Dominique Nkodia Mbete a interdit tout rassemblement festif, défilé improvisé ou manifestation d’exubérance sur la voie publique après la clôture des épreuves.
Modernisation du traitement des copies
Par ailleurs, le ministère de l’Éducation nationale assure que le processus de correction et de traitement des copies se déroulera dans des conditions optimales grâce à la modernisation progressive de la chaîne de gestion de l’Examen d’État.
Quatre nouveaux centres de scannage ont été mis en service à Gemena, Kisangani, Butembo et Tshikapa. Ils viennent renforcer le dispositif déjà opérationnel à Kinshasa, Lubumbashi et Mbuji-Mayi, dans le but d’accélérer le traitement des résultats et d’améliorer la fiabilité du système.
Autre lien : https://www.studiohirondellerdc.org/la-rdc-debute-son-mondial-par-un-exploit-face-au-portugal
