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Ngoma Ya KongoMagazines

©JUNIOR KANNAH/AFP
Une élève dans une salle de classe à Kinshasa

Ces méthodes frauduleuses qui entachent l’Examen d’Etat en RDC

Les finalistes du secondaire s’apprêtent à passer l’équivalent du bac. La session ordinaire est prévue du 30 août au 2 septembre. Les élèves se préparent de différentes manières. Certains n’hésitent pas à recourir aux pratiques interdites, parfois en complicité avec les autorités scolaires.

Le laboratoire, l’échographie, le suivi, voilà quelques pratiques récurrentes autour des épreuves nationales. Si le laboratoire consiste à transmettre les questionnaires des épreuves à des enseignants qui répondent, à distance, à la place des élèves,  l’échographie, elle, consiste à connaître d’avance le contenu de l’examen. Quant au suivi, il renvoi aux démarches entreprises auprès de différents services du secteur pour se rassurer du succès.

Une tricherie érigée en système

De nombreux élèves ont décroché leur bac grâce au laboratoire, selon leurs propres témoignages. A Goma, dans le Nord-Kivu, nous rencontrons deux lauréats de l’Examen d’Etat, édition 2018-2019. La pratique est érigée en système, à en croire ces jeunes. ‘’Vous payez l’argent auprès du Préfet qui va aller voir l’inspecteur chef de centre, on donne des items aux enseignants…et ils viennent vous communiquer les réponses’’, nous confie l’un d’entre eux.  Il affirme qu’il connaissait à l’avance, l’issue des épreuves.

Un danger pour l’avenir du pays

Cette pratique suscite des réactions dans la société, notamment auprès des parents. Lesage Muhindo, redoute des conséquences désastreuses pour le pays. ‘’Cette façon de faire c’est tuer notre éducation et l’avenir de notre pays est mis en danger’’, déplore ce père de famille.

Même des autorités pédagogiques provinciales confirment l’existence de cette pratique. L’inspecteur principal provincial de l’Enseignement Technique et Formation Professionnelle et Métiers dans la division éducationnelle Nord Kivu 1 précise que cette fraude a déjà fait des victimes parmi les inspecteurs coupables. Emmanuel Gashamba met en garde quiconque tentera d’y recourir à la prochaine édition du bac prévue dans quelques jours.

Des ‘’maquis’’ clandestins

Pour préparer le bac, certains se cherchent des endroits où passer un séjour temporaire. Ce qu’on appelle communément ‘’maquis’’. Cependant, les autorités n’autorisent que les maquis organisés dans des écoles dotées d’installations appropriées, notamment les lieux d’hébergement. Ne pouvant pas répondre à ces exigences beaucoup choisissent alors la clandestinité. Cette école située dans la commune du lac Tanganyika ne dispose pas d’internat. Le chef d’établissement cède à une vingtaine d’élèves dont six filles une salle de classe comme dortoir la nuit. Ce petit local comprend aussi cuisine et réfectoire. La journée, les élèves des classes inférieures y étudient. Les maquisards sont aussi confrontés au manque d’installations sanitaires et douches adéquates. Interrogé à ce sujet, le chef d’établissement n’a pas voulu répondre.

Certains parents suivent de près la situation de leurs enfants. Les nouvelles qu’ils reçoivent varient selon les concernés. Par ailleurs, les avis des élèves eux-mêmes sont partagés sur la question du maquis. Si les uns le trouvent nécessaire, d’autres fustigent l’attitude de ceux qui en abusent, transformant le cadre en lieu de libertinage.

Préparer le bac dès l’entrée au cycle du secondaire

D’autres écoles à travers le pays disposent bien d’internats et des cadres appropriés pour héberger des élèves. A Kinshasa, nous nous sommes rendus à l’internat du collège Saint Joseph Elikya de la Gombe.  Ici, tout est mis en place pour que les jeunes puissent réussir à l’école et s’épanouir dans la vie. 170 finalistes occupent les lits des dortoirs cette année. La préparation au bac commence dès le début du cycle secondaire, nous explique les autorités scolaires. En plus des cours, les internés bénéficient d'un accompagnement pédagogique personnalisé ou collectif.

 Du côté des élèves, on se sent prêt. Le sentiment de se retrouver à la porte de l’université suscite l’enthousiasme de ces jeunes. L’unique étape à franchir reste l’examen d’Etat du 30 août au 2 septembre. Après ces ‘’quatre jours’’, tous les candidats à travers le pays resteront alors suspendus à la publication des résultats.

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