RDC : le gouvernement annonce des analyses sur la présence d’uranium dans des exportations de cobalt
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RDC : le gouvernement annonce des analyses sur la présence d’uranium dans des exportations de cobalt

Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) va procéder à des analyses pour déterminer la quantité d’uranium présente dans certaines cargaisons de cobalt exportées du pays. Cette décision intervient après la publication, fin juillet, d’une enquête menée par plusieurs médias et chercheurs sur la présence d’uranium dans des exportations congolaises destinées notamment à la Chine.

La RDC possède d’importantes ressources minières, notamment en cobalt et en cuivre, deux métaux stratégiques pour l’industrie mondiale. Le pays est le premier producteur mondial de cobalt et l’un des principaux producteurs africains de cuivre.

Fin juillet, une étude publiée dans la revue scientifique Nature Communications, en partenariat avec le Financial Times et Lighthouse Reports, a fait état de la présence de quantités importantes d’uranium dans des cargaisons d’hydroxyde de cobalt extrait en RDC et exporté vers la Chine par des entreprises chinoises.

L’enquête de Lighthouse Reports, relayée par plusieurs médias internationaux, affirme que cet uranium aurait été exporté comme un « sous-produit du cobalt ». Les journalistes ont également indiqué préparer un deuxième volet de leur enquête.

Le groupe minier chinois CMOC, cité dans cette enquête en lien avec ses activités sur le site de Tenke Fungurume, dans la province du Lualaba, a rejeté les accusations faisant état d’un dépassement des seuils d’uranium.

Kinshasa veut vérifier les cargaisons

Dans un communiqué publié vendredi, les autorités congolaises ont reconnu que la présence d’uranium dans les gisements de cuivre et de cobalt du sud-est de la RDC est un phénomène naturel et documenté.

Selon le gouvernement, cette présence ne constitue ni une anomalie ni une violation des engagements internationaux du pays. Kinshasa estime par ailleurs que l’étude citée « ne repose pas sur des mesures directes effectuées sur des cargaisons exportées ».

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Pour vérifier la situation, le gouvernement annonce une « campagne de vérification analytique contradictoire ». Les analyses seront réalisées par un laboratoire national et un laboratoire international accrédité.

Les autorités congolaises prévoient également des consultations avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Elles réaffirment leur volonté de renforcer la fiabilité et la traçabilité des chaînes d’approvisionnement minières.

Un enjeu stratégique et historique

La question intervient dans un contexte de forte demande mondiale pour le cobalt et le cuivre congolais. La grande majorité du cobalt produit en RDC est exportée vers la Chine, qui joue un rôle majeur dans sa transformation.

La présence d’uranium dans le sous-sol congolais revêt également une dimension historique. L’uranium extrait de la mine de Shinkolobwe, dans l’actuelle province du Haut-Katanga, a notamment servi à la fabrication de la bombe atomique larguée sur Hiroshima, au Japon, en 1945. La mine est officiellement fermée depuis les années 1960.

Avec les analyses annoncées, les autorités congolaises cherchent désormais à établir, sur la base de mesures indépendantes, la teneur réelle en uranium de certaines cargaisons de cobalt exportées depuis la RDC.

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