Willy Ngoma, le porte-parole militaire de l’Alliance Fleuve Congo–Mouvement du 23 mars (AFC/M23), a été tué dans une attaque des Forces armées de la République démocratique du Congo dans la nuit du 23 au 24, près de la cité minière de Rubaya, au Nord-Kivu. Sa disparition intervient dans un contexte de tensions persistantes, quelques jours après l’annonce d’un nouveau cessez-le-feu proposé par l’Angola, autre médiateur dans la crise dans l’Est du pays.
Willy Ngoma, porte-parole militaire de l’Alliance Fleuve Congo-Mouvement du 23 mars (AFC/M23), est décédé dans la nuit du lundi 23 au mardi 24 février. Lieutenant-colonel autoproclamé, il a perdu la vie lors d’une opération menée par l’armée congolaise, avec l’appui de drones, contre un convoi du mouvement près de Kishusha, sur l’axe menant à Rubaya, dans la province du Nord-Kivu.
Selon plusieurs sources concordantes, d’autres membres du M23, dont certains cadres de premier plan, ont également péri au cours de cette opération, tandis que plusieurs autres s’en sont sortis touchés.
Surnommé « Mister Quickly », Willy Ngoma était l’un des visages les plus connus du mouvement politico-militaire et l’un de ses principaux porte-parole. Figure centrale de la communication du M23, il figurait sur des listes de sanctions des Nations unies et des États-Unis pour des « actes qui compromettent la paix et la sécurité de la République démocratique du Congo ».
Sa disparition intervient dans un contexte de fortes tensions dans l’est de la RDC, quelques jours après l’annonce d’un nouveau cessez-le-feu proposé par la médiation angolaise. Les autorités congolaises avaient indiqué y adhérer « en principe », avec une entrée en vigueur prévue le 18 février. De son côté, le M23 dénonce déjà le non-respect de cet engagement. Il a affirmé vouloir y répondre.
Depuis la résurgence du Mouvement du 23 mars en 2021, plusieurs cessez-le-feu et trêves ont été annoncés, sans parvenir à s’imposer durablement sur le terrain. Le M23 contrôle actuellement plusieurs zones dans les provinces du Nord- et du Sud-Kivu, notamment autour de Rubaya, une cité minière stratégique que Kinshasa a intégrée parmi les sites miniers concernés par son accord économique avec Washington.