En République Démocratique du Congo, l’exode massif des populations vers les villes, et les grandes agglomérations sont généralement à la base des problèmes croissants d’insalubrité. Les pouvoirs publics, au niveau national comme dans les provinces, tentent de redonner aux villes un visage plus propre à travers différentes actions, notamment la réinstauration du salongo chaque semaine.
Mais une question se pose : comment passer de ces opérations ponctuelles à une véritable politique durable d’assainissement dans les grandes villes ?
«La ville de Kinshasa aujourd’hui a du mal à trouver des endroits pour ériger des centres de transit de déchets. Une ville où plus de 20 millions d’habitants ne savent où jeter les déchets. Même si on mettait de petitsposte de dépôt à travers la ville, ils seront vite remplis. A Kinshasa, il n’y a pas d’endroits de transit aménagé pour collecter les déchets, il n’y a pas non plus des centres d’enfouissement technique de valorisation de déchets», plaide Olivier Mazianda, expert en droit d’assainissement.
Il rappelle qu’avec au tant des consommations, plus près de 20 000 tonnes production de déchets estimé par jour, «la ville n’avait jusque-là qu’un seul centre d’enfouissement technique à Mpasa.
Aujourd’hui ce centre n’est plus opérationnel depuis plusieurs années. Ce qui fait que tous les déchets évacués par les éboueurs, les services de la ville et autres structures finissent dans des ravins, dans les caniveaux, ou dans les cours d’eau. Cela remettent en cause le problème de l’assainissement : d’où les inondations, les érosions et autres. Un véritable cercle vicieux, parce que la politique publique n’est pas efficace dans la gestion globale déchets. C’est pourquoi dans les grandes villes, la pratique Salongo est instauré pour assainir les milieux. A Mbuji – mayi par exemple, les communes n’ont pas de financement, ils le font avec les moyens du bord. A Kolwezi par contre, il y a toute une brigade mise en place par la mairie de la ville. là-bas, deux fois par semaines, la brigade procède à l’assainissement de la ville.
Au mois de mai dernier, le président de la République, Félix Tshisekedi, a mis en place une Task Force présidentielle pour renforcer la lutte contre l’insalubrité à Kinshasa.
Dirigée par le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, cette structure multidisciplinaire a notamment pour mission de coordonner les opérations d’assainissement, de la collecte des déchets au curage des caniveaux, mais aussi de contribuer à fluidifier la circulation routière dans la capitale.
Depuis, les « bâtisseurs » du Service national sont déployés sur le terrain pour participer au nettoyage des grandes artères et des marchés de la ville.
Mais Olivier Mazianda s’interroge sur la pérennité de cette action : « La problématique de la gestion des déchets ou de l’assainissement avec la Task Force, c’est très bien. Ça vient donner un coup de pouce, mais la TaskForce a une durée de vie. Elle n’est pas un cadre institutionnel et normatif existant. Elle va finir sa mission à un certain moment, et après la TaskForce, quelle est la structure qui prendra le relais »