À l’heure où les activités artistiques, notamment le théâtre, font face à de nombreux défis, Joël Vuningoma, chanteur, comédien et acteur de théâtre, plaide pour leur décentralisation. Pour lui, il est temps de sortir des grandes salles situées dans la commune de la Gombe à Kinshasa et dans les quartiers résidentiels, afin de redonner au théâtre sa dimension populaire et accessible.
Dans une déclaration rapportée par l’Agence congolaise de presse (ACP), le natif de Goma appelle à une véritable « décentralisation des activités artistiques, notamment du théâtre », afin de rapprocher la culture des populations et de lui redonner toute sa vitalité dans les cités.
Usage des langues nationales, un enjeu pour le théâtre congolais
À travers le théâtre dans les cités, Joël Vuningoma veut éveiller les consciences et dénoncer les maux qui rongent la société congolaise.
« Les crises communautaires, les discriminations ou encore les violences basées sur le genre doivent être abordées et comprises par toutes les couches de la population », explique-t-il dans l’émission Sosola Lelo.
Pour cet acteur engagé, la question de la langue est centrale. Il plaide pour une plus grande valorisation des langues nationales dans les créations théâtrales, considérées comme un pilier du patrimoine culturel congolais.
« Aujourd’hui, beaucoup d’artistes proposent leurs œuvres en français, en anglais ou même en chinois pour répondre aux attentes des centres culturels qui financent les projets », déplore-t-il.
Face à cette réalité, Joel Vuningoma appelle à un soutien accru aux œuvres produites en langues nationales, afin de préserver l’identité culturelle et de rapprocher le théâtre des populations.
Son plaidoyer s’adresse également aux décideurs, qu’il invite à investir dans des centres culturels de proximité, accessibles aux habitants des cités. L’objectif : permettre aux artistes de créer, jouer et transmettre leurs messages au cœur même des communautés.