Depuis le 1er septembre 2026, les élèves ont repris le chemin de l’école en RDC. Une rentrée particulière dans plusieurs zones du Nord-Kivu, confrontées à la fois à la maladie à virus Ebola et à l’insécurité. À Butembo, les établissements renforcent les mesures de prévention contre Ebola. À Masisi, des écoles ont été délocalisées pour permettre aux élèves et aux enseignants de poursuivre les cours malgré les combats.
La rentrée scolaire du 1er septembre 2026 s’est déroulée dans un contexte sanitaire particulier dans plusieurs provinces de la RDC, marqué notamment par la présence de la maladie à virus Ebola. Pour permettre la poursuite des enseignements dans les zones concernées, les ministères de l’Éducation nationale et de la Santé ont notamment établi une classification en trois niveaux des 138 sous-divisions éducationnelles situées dans les zones touchées.
La prévention contre Ebola s’installe dans les écoles
Dans les établissements scolaires, la surveillance et les mesures de prévention ont été renforcées.
À Butembo, ville concernée par la maladie à virus Ebola, le dispositif est visible dès l’entrée des écoles. Au Complexe scolaire La Bourgeoisie du Nord, élèves, enseignants et visiteurs doivent notamment se soumettre à un contrôle de température avant d’accéder à l’établissement. Le lavage des mains est également obligatoire.
Pour Pitchen Kasasya, directeur de discipline de l’établissement, l’utilisation du thermoflash nécessite toutefois certaines précautions.
« Le thermoflash peut indiquer 38 °C alors que vous vous portez bien. Dans ce cas, on fait reposer la personne avant de reprendre la température pour obtenir une mesure plus fiable », explique-t-il.
Une expérience que le responsable dit notamment avoir acquise lors de la précédente épidémie d’Ebola qui avait frappé la région entre 2018 et 2020.

Dans la cour de l’école, les élèves doivent également s’adapter à ces nouvelles habitudes sanitaires. Bernadette Kisuki, élève, décrit les consignes qui leur sont données.
« On nous interdit de trop nous coller les uns aux autres. On nous conseille aussi d’avoir notre propre désinfectant. »
L’établissement fait partie des écoles situées dans les zones classées comme « vertes », où les cours se poursuivent normalement en présentiel, mais avec des mesures renforcées en matière d’hygiène, de sensibilisation et d’alerte.
À Masisi, des écoles déplacées pour fuir les combats
À plusieurs dizaines de kilomètres de Butembo, une autre difficulté pèse sur la rentrée scolaire : l’insécurité.
Dans le territoire de Masisi, des élèves, des enseignants et leurs familles ont dû quitter leurs villages en raison des combats. Près de sept écoles ont ainsi été délocalisées vers Masisi-Centre afin de permettre la poursuite des enseignements.
C’est le cas de l’École primaire Runambi, située initialement dans le village du même nom. L’établissement fonctionne désormais loin de son site habituel, dans des conditions qui restent difficiles.

Tumusifu Ngoma, élève de sixième année, raconte avoir appris la délocalisation de son école par son directeur.
« C’est le directeur qui a lancé le message pour dire que celui qui voulait étudier devrait se rendre à Masisi parce que chez nous, à Runambi, il y a la guerre. Nous étudions dans de mauvaises conditions et, quand il pleut, nous sommes trempés. »
L’École primaire Runambi compte dix salles de classe et accueille actuellement 350 élèves, dont 194 garçons et 156 filles. Mais les conditions d’apprentissage ont changé depuis le déplacement de l’établissement.
L’école ne dispose notamment pas de suffisamment de mobilier scolaire. Les élèves doivent utiliser des bancs empruntés à l’Église catholique.
Une rentrée loin des conditions habituelles
Pour la direction de l’École primaire Runambi, l’objectif reste de pouvoir retourner dans le village d’origine dès que les conditions le permettront.
« Nous n’avons pas de bancs ni de chaises et nous empruntons les bancs de l’Église catholique. Notre souci, c’est de rentrer à Runambi, mais nous ne savons pas quand », explique le directeur.
Pour les élèves et les enseignants de ces deux territoires du Nord-Kivu, l’enjeu reste pourtant le même : continuer à apprendre et à enseigner malgré les contraintes sanitaires et sécuritaires.