🎧RĂ©seaux sociaux en RDC : entre opportunitĂ©s et risques au quotidien

Aujourd’hui, les réseaux sociaux font partie intégrante de la vie quotidienne. Accessibles via Internet ou des applications mobiles comme Facebook ou TikTok, ils permettent de créer des profils, partager des contenus et interagir avec une communauté. En République démocratique du Congo, ces plateformes numériques sont utilisées notamment pour se divertir, vendre et rester informer sur les activités universitaires. Bien que présentant de nombreux avantages, les réseaux sociaux créent une certaine dépendance chez les plus jeunes et présentent des risques pour la santé physique et mentale.

Selon l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo, le pays comptait environ 7,35 millions d’utilisateurs majeurs des réseaux sociaux au début de l’année 2025.

Ces plateformes ne sont plus seulement des outils de divertissement. Elles sont devenues de véritables leviers économiques et sociaux, facilitant notamment le commerce en ligne et les échanges à distance.

 Une présence massive dans le quotidien

À Lubumbashi, comme dans plusieurs villes du pays, l’usage du smartphone est omniprésent. Dans les rues, les transports ou les universités, les regards sont souvent rivés sur les écrans. Chez les jeunes, l’utilisation est quasi permanente.

« Je peux dire 24 heures sur 24. Il y a trop d’applications… ça m’aide pour les études et le divertissement », explique Chancel Kibwé, étudiante à l’université de Lubumbashi.

D’autres utilisateurs adoptent une approche plus modérée.

« Je fais environ 1h30 par jour. J’utilise surtout WhatsApp pour les études et le travail », affirme Ananias Muntsongo, étudiant en télécommunications.

Mais pour beaucoup, le téléphone est devenu un outil central.

« 20 heures sur 24, je suis au téléphone. C’est indispensable pour mon travail », témoigne Kassombo Banze, commerçante.

Les réseaux sociaux, moteur du commerce

Dans plusieurs provinces, notamment au Kongo Central, les réseaux sociaux facilitent les activités commerciales. Des entrepreneurs utilisent les plateformes pour vendre leurs produits, atteindre une clientèle élargie et développer leurs activités.

« 80 % de nos ventes se font en ligne », expliquent des vendeuses de vêtements.

Le live shopping, les publications sponsorisées et les statuts WhatsApp sont devenus des outils marketing efficaces.

Cependant, ce modèle présente aussi des défis :

Forte concurrence, problèmes de livraison, arnaques en ligne, manque de confiance des clients

Une utilisation qui inquiète

Au-delà des opportunités, l’usage intensif des réseaux sociaux soulève des inquiétudes, notamment chez les parents. Dans certains foyers, les enfants passent de longues heures devant leurs écrans.

« Si ça dépendait de moi, je ne donnerais pas de téléphone à mes enfants », confie un parent à Lubumbashi.

Certains tentent d’imposer des limites :

« Chez moi, les enfants n’utilisent le téléphone que le week-end. »

Des impacts sur la santé mentale et physique

Selon Lucie Diokawitia, docteur en psychologie clinique à l’université de Lubumbashi, l’usage excessif des écrans peut entraîner une forme d’addiction.

« Les réseaux sociaux procurent un plaisir immédiat, ce qui pousse les utilisateurs à s’y accrocher », explique-t-il.

Les conséquences sont multiples :

  • Physiques :

Fatigue visuelle, troubles du sommeil, maux de tête, surpoids

  • Psychologiques :

Stress, anxiété, irritabilité, difficultés de concentration

  • Sociales :

Isolement, baisse des performances scolaires ou professionnelles

Des risques pour la santé visuelle

Le Dr Alain Kalinga, ophtalmologue à Lubumbashi, alerte sur les effets des écrans. Il recommande notamment :

  • La règle 20-20-20 (regarder au loin toutes les 20 minutes)
  • Ajuster la luminosité
  • Faire des pauses régulières
  • Maintenir une bonne distance avec l’écran

Un équilibre à trouver

Malgré les risques, les réseaux sociaux restent indispensables dans un monde de plus en plus connecté.

Ils permettent :

  • De s’informer
  • De travailler
  • De communiquer
  • De développer des activités économiques

Mais leur utilisation doit rester équilibrée et contrôlée.