Les affrontements entre les forces de Kinshasa et le groupe armé M23 ont connu une baisse d’intensité dans plusieurs zones de l’est de la République démocratique du Congo, au lendemain de l’entrée en vigueur escomptée d’un cessez-le-feu proposé par l’Angola. Des sources locales et sécuritaires font état d’un calme relatif.
Les combats entre les forces de Kinshasa et le groupe armé M23 ont baissé en intensité dans l’est du pays, au lendemain de l’entrée en vigueur escomptée d’un cessez-le-feu proposé par l’Angola, ont indiqué jeudi 19 février à l’Agence France Presse (AFP) des sources locales et sécuritaires.
Depuis 2021, l’est de la République démocratique du Congo (RDC) est en proie à la résurgence du groupe armé antigouvernemental M23, qui s’est emparé en fin janvier 2025 de la ville de Goma et de celle de Bukavu en mi-février de la même année, ainsi que de vastes pans de territoire dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, avec le soutien du Rwanda voisin et de son armée.
Le groupe armé a mené une nouvelle offensive en décembre sur la ville d’Uvira, en pleine ratification d’un accord entre la RDC et le Rwanda sous médiation américaine, suscitant l’ire de Washington.
L’Angola, un autre médiateur du conflit dans l’est de la RDC, a proposé à Kinshasa et au M23 de respecter un cessez-le-feu à compter de mercredi 18 février à midi. Kinshasa a déclaré dans la foulée accepter « le principe » sans toutefois confirmer de date. Le M23 a accusé le gouvernement congolais de « manipulations » ayant pour but de retarder toute solution concrète de sortie de crise.
Un calme relatif s’est installé jeudi 19 février dans les environs de Minembwe, une localité située dans les plateaux de la province du Sud-Kivu aux abords de laquelle les forces de Kinshasa affrontent depuis plusieurs semaines une coalition de milices alliées au M23, selon des sources locales et sécuritaires. Des combattants affiliés au M23 « quittent leurs positions mais on ne sait pas s’il s’agit d’un retrait », a déclaré un responsable administratif local, sous couvert de l’anonymat.
Une accalmie a également été signalée le même jeudi dans les plateaux surplombant la localité de Sange, située à une trentaine de kilomètres au nord d’Uvira, où des combats ont opposé des milices affiliées à Kinshasa au M23 la veille, selon ces sources. Après des accrochages à proximité dans la matinée du 19 février, des habitants de la localité de Lemera, située dans cette zone montagneuse, sont « en train de retourner » chez eux, a assuré un responsable de la société civile locale.
Une demi-douzaine de cessez-le-feu et de trêves ont déjà été signés depuis la résurgence du M23, avant d’être systématiquement violés. Selon plusieurs spécialistes interrogés par l’AFP, la pression américaine, motivée par des visées sur des approvisionnements en minerais stratégiques, pourrait peser en faveur de la matérialisation d’une trêve temporaire, mais les conditions pour parvenir à un « cessez-le-feu permanent » prévu dans les accords ne semblent pas réunies à ce stade.
Studio Hirondelle RDC, avec AFP