Une crise humanitaire d’une ampleur exceptionnelle frappe l’est de la République démocratique du Congo. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), le pays compte aujourd’hui plus de 6 millions de déplacés internes. À lui seul, le Sud-Kivu en concentre plus de 2 millions, soit la proportion la plus élevée.
Conflits armés, violences répétées, insécurité persistante… Des centaines de milliers de familles sont contraintes de fuir leur foyer, parfois à plusieurs reprises.
Uvira, au cœur de la crise
À Uvira, dans la province du Sud-Kivu, des milliers de familles déplacées vivent dans des conditions extrêmement précaires. Manque de nourriture, abris de fortune, accès limité à l’eau potable… leur quotidien est dominé par une seule réalité : survivre.
« Pour manger, il faut puiser de l’eau au lac Tanganyika. Si vous n’avez pas de force, vous ne mangez pas », témoigne une femme déplacée.
Dans les camps comme celui de Mangosi, les conditions sont alarmantes :
- Absence de latrines
- Promiscuité extrême
- Risques élevés de maladies
- Certaines familles vivent sous des bâches usées, vulnérables à la pluie.
Des vies brisées
Les témoignages recueillis traduisent une détresse profonde.
« J’ai perdu mon mari pendant le déplacement. Aujourd’hui, je vis grâce à l’aide d’un voisin avec mes enfants », confie Dorcas Mangaza.
Beaucoup de déplacés vivent dans des familles d’accueil déjà fragiles économiquement. Une situation humanitaire critique. Selon les autorités locales et humanitaires. Plus de 900 000 déplacés vivent dans des conditions jugées inhumaines dans le territoire de Fizi. A Uvira, plus de 129 000 personnes déplacées ont été recensées. Les besoins sont immenses :
- Alimentation
- Abris
- Soins de santé
- Protection contre les violences, notamment sexuelles
Solidarité sous pression
Situé à plus de 140 kilomètres à l’ouest de Bukavu, le territoire de Shabunda dans le Sud-Kivu, la solidarité locale reste essentielle. Des familles accueillent des déplacés malgré leurs propres difficultés.
« Nous mangeons une seule fois par jour. Mais nous ne pouvons pas abandonner ceux qui fuient la guerre », explique un habitant.
La solidarité internationale vient en appui
Mais cette solidarité atteint ses limites face à l’ampleur de la crise. Face à l’urgence, des organisations comme le Programme alimentaire mondial (PAM) ou Caritas distribuent des vivres et des biens de première nécessité.
L’Union européenne, à travers ses instruments de politique étrangère, intervient également dans :
- La médiation des conflits
- L’aide humanitaire
- Le soutien aux institutions
- La protection des civils
Son objectif : agir à la fois en prévention et en gestion des crises.
Pour les déplacés, une chose est claire, le retour ne sera possible que si la sécurité est rétablie.