Selon l’Association des professionnels du 7ᵉ art (APRO7), la République démocratique du Congo a obtenu de l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences (AMPAS) la reconnaissance officielle lui permettant de soumettre un film dans la catégorie du Meilleur film international à la 99ᵉ cérémonie des Oscars prévue en 2027. Toutefois, aucun communiqué public de l’Académie américaine confirmant cette décision n’a pu être consulté au moment de la publication.
La République démocratique du Congo franchit une étape historique dans le domaine du cinéma. Lors d’une conférence de presse organisée à Kinshasa, Cécilia Zoppelletto, responsable des relations publiques et internationales de l’Association des professionnels du 7ᵉ art (APRO7), a annoncé que le pays a été officiellement autorisé à présenter un film dans la catégorie du Meilleur film international à la 99ᵉ cérémonie des Oscars, prévue le 15 mars 2027 à Los Angeles, aux États-Unis.
Selon elle, cette reconnaissance est le fruit de plusieurs mois de discussions et de collaboration avec l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences (AMPAS), l’institution américaine chargée de l’organisation des Oscars.
Également cinéaste et enseignante à l’Académie des beaux-arts de Kinshasa, Cécilia Zoppelletto a souligné que le cinéma constitue aujourd’hui un puissant vecteur de promotion culturelle pour la RDC. À travers les œuvres, les artistes et les récits portés à l’écran, le pays peut faire rayonner à l’international la richesse de son patrimoine culturel et la créativité de ses talents.
Pour elle, cette ouverture vers les Oscars représente une avancée majeure pour l’industrie cinématographique congolaise. Elle estime que cette reconnaissance internationale offrira une visibilité accrue au pays tout en encourageant le développement de la production locale.

Profitant de cette occasion, l’APRO7 a également lancé l’appel à candidatures destiné aux producteurs et réalisateurs congolais. Seuls les longs métrages ayant bénéficié d’une sortie en salle entre octobre 2025 et septembre 2026 seront éligibles à la sélection nationale.
Les organisateurs précisent qu’il n’est pas question de produire de nouveaux films pour cette compétition, mais plutôt de soumettre des œuvres déjà exploitées conformément aux critères établis. Les dossiers de candidature doivent être déposés sur le site de la Commission du film de la RDC. Les frais d’inscription sont fixés à 70 000 francs congolais par film, tandis que la date limite de dépôt des candidatures est arrêtée au 30 septembre 2026.
Les responsables de la sélection rappellent également que les conditions d’éligibilité sont rigoureuses. Chaque film doit avoir une durée minimale de 40 minutes et avoir été projeté durant au moins sept jours consécutifs dans une même salle de cinéma. En outre, plus de la moitié des dialogues doivent être dans une langue autre que l’anglais et le film doit obligatoirement être accompagné de sous-titres en anglais.
Enfin, Cécilia Zoppelletto a mis en garde les professionnels du secteur contre toute tentative de fraude. Elle a rappelé qu’une seule commission est habilitée à conduire cette procédure en RDC et qu’aucune personne ne peut garantir la sélection d’un film. Toute sollicitation financière visant à influencer le processus de choix est considérée comme illégale.
Si cette reconnaissance est perçue comme une avancée majeure pour le cinéma national, elle met également en lumière les difficultés auxquelles le secteur reste confronté. La RDC ne compte plus qu’un nombre réduit de salles de cinéma opérationnelles, alors que les critères de sélection pour l’Oscar du meilleur film international imposent une exploitation préalable en salle. Pour plusieurs observateurs, le développement des infrastructures cinématographiques demeure un enjeu essentiel pour permettre au pays de tirer pleinement profit de cette ouverture vers la scène internationale.
SHRDC – ACP
