RDC : 1 131 écoles restent fermées, près de 492 000 enfants privés d’école
Photo : Ministère de l'Education nationale et Nouvelle citoyenneté.

RDC : 1 131 écoles restent fermées, près de 492 000 enfants privés d’école

Plus d’une semaine après la rentrée scolaire du 1er septembre, 1 131 écoles restent fermées en République démocratique du Congo. Ces fermetures privent 491 578 enfants de scolarité, selon le Cluster Éducation. Les provinces du Sud-Kivu et du Nord-Kivu sont particulièrement touchées.

Plus de 6 700 incidents recensés

Le chiffre est issu d’un état des lieux du Cluster Éducation, le mécanisme de coordination humanitaire du secteur de l’éducation en RDC, copiloté par l’UNICEF et Save the Children. Publié le 8 septembre, le rapport présente une situation arrêtée au 31 juillet 2026, soit un mois avant la rentrée scolaire.

Selon les données reprises par BETO.CD, 6 745 incidents ayant affecté le secteur de l’éducation ont été recensés. Ils ont directement touché plus de 2,3 millions d’enfants et plus de 94 000 enseignants.

Le Sud-Kivu arrive en tête pour le nombre d’incidents, avec 1 889 cas, devant le Nord-Kivu (1 817), le Kasaï (1 538) et l’Ituri (753).

En revanche, le Nord-Kivu compte le plus grand nombre d’enfants affectés, avec plus de 753 000, devant le Sud-Kivu, qui en compte plus de 685 000.

Le Sud-Kivu et le Nord-Kivu en première ligne

Sur les 1 131 écoles toujours fermées, 462 se trouvent au Sud-Kivu et 241 au Nord-Kivu. L’Ituri en compte 129, le Tanganyika 115 et la Tshopo 94.

Photo : Ministère de l’Education nationale et Nouvelle citoyenneté.

L’insécurité et les affrontements constituent la principale cause de fermeture. Ils représentent 45 % des cas, devant l’occupation des écoles (21 %), la destruction des bâtiments (17 %) et les attaques (7 %).

Dans son reportage consacré à la situation, RFI souligne que la guerre continue de perturber fortement la scolarité dans l’est du pays. Des écoles ont été détruites, occupées par des groupes armés ou utilisées comme abris par des populations déplacées.

À Masisi, des écoles installées dans des locaux de fortune

Dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu, plusieurs établissements ont dû quitter leurs sites habituels en raison de l’insécurité.

Au moins sept écoles des axes Muhondo, Showa, Kazinga et Mihano ont été délocalisées à Masisi-Centre. Elles fonctionnent dans des locaux provisoires, rapporte Radio Okapi.

L’Institut Shukrani, qui était installé à Muhondo, organise désormais ses cours dans la cantine de la paroisse catholique Mater Dei.

Son préfet, Sadiki Ngamije Claude, explique que la décision a été prise pour permettre aux enfants déplacés de poursuivre leur scolarité dans une zone relativement plus calme.

Mais les difficultés restent nombreuses. L’établissement manque notamment de matériel scolaire. « Nous trouvons des craies difficilement », explique le préfet, cité par Radio Okapi. Des enfants manquent également de cahiers.

Des chiffres contestés par le ministère

Les chiffres publiés par le Cluster Éducation sur les écoles toujours fermées et les enfants privés d’école sont contestés au sein du ministère de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté.

Selon plusieurs sources au sein du ministère, ces données pourraient être surestimées et ne prendraient pas en compte l’ensemble des informations remontées par les divisions provinciales de l’éducation.

Photo : Ministère de l’Education nationale et Nouvelle citoyenneté.

Ces sources, qui n’ont pas souhaité être citées nommément, indiquent que le ministère travaille à la consolidation de ses propres données et annonce la publication prochaine de chiffres officiels.

Le rapport du Cluster Éducation, publié début septembre, recense 1 131 écoles toujours fermées et 491 578 enfants privés d’école. Mais ces données correspondent à une situation arrêtée au 31 juillet 2026, soit un mois avant la rentrée scolaire du 1er septembre. Elles ne constituent donc pas nécessairement une photographie exhaustive de la situation au moment de la reprise des cours.

Cette précision est importante, d’autant que le Cluster Éducation indique que ses données ont été recueillies dans douze des vingt-six provinces du pays.

En attendant la publication d’une éventuelle mise à jour officielle du ministère, les chiffres du Cluster doivent donc être présentés comme un état des lieux au 31 juillet 2026, et non comme le bilan définitif de la situation scolaire à la rentrée.

Reste que, contestés ou non, ces chiffres mettent en lumière l’ampleur des perturbations qui affectent l’éducation en RDC. Dans les provinces touchées par les conflits armés, les déplacements de population ou d’autres crises, de nombreux enfants continuent de rencontrer des difficultés pour accéder normalement à l’école.

Autre lien : https://www.studiohirondellerdc.org/bukavu-29-morts-dans-des-incendies-qui-ont-detruit-deux-ecoles-et-plus-de-300-maisons