Minerais critiques : KoBold Metals explore la RDC avec l’intelligence artificielle
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Minerais critiques : KoBold Metals explore la RDC avec l’intelligence artificielle

En République démocratique du Congo (RDC), l’entreprise américaine KoBold Metals mise sur l’intelligence artificielle (IA) pour explorer le sous-sol congolais à la recherche de minerais critiques, notamment le lithium, indispensable à la fabrication des batteries pour véhicules électriques.

Dans les zones d’exploration, les géologues de l’entreprise utilisent des GPS de haute précision et des tablettes connectées à une plateforme d’intelligence artificielle. Les données recueillies sur le terrain sont analysées à distance par les serveurs de l’entreprise, basée en Californie.

Créée en 2018 avec le soutien d’investisseurs comme Bill Gates et Jeff Bezos, KoBold Metals s’est spécialisée dans l’utilisation de nouvelles technologies pour identifier des gisements miniers. Son implantation en RDC intervient également dans un contexte de concurrence entre les États-Unis et la Chine pour l’accès aux minerais stratégiques.

La Chine est fortement présente dans le secteur minier congolais et contrôle une grande partie de la production de cuivre et de cobalt. La RDC est le deuxième producteur mondial de cuivre et le premier producteur mondial de cobalt, selon les données citées par l’AFP.

Mais le vaste sous-sol congolais, qui s’étend sur plus de 2,3 millions de kilomètres carrés, reste encore largement inexploré.

Plus de 3 000 km² sous exploration

KoBold Metals a installé son camp de base à Manono, dans la province du Tanganyika, au sud-est de la RDC. Cette région est connue pour ses importantes ressources minières et notamment pour son potentiel en lithium.

Depuis 2025, l’entreprise américaine a obtenu quatorze permis d’exploration couvrant une superficie de plus de 3 000 km².

« Nous avons des résultats très encourageants », a déclaré à l’AFP Benjamin Katabuka, directeur général de KoBold Metals en RDC, sans donner davantage de précisions sur les découvertes réalisées.

L’entreprise se trouve encore au stade de l’exploration. Elle prévoit d’investir plus de 50 millions de dollars en RDC d’ici début 2027 et espère pouvoir commencer la production dans les prochaines années.

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Depuis avril, ses équipes prélèvent en moyenne 2 000 échantillons de sol chaque semaine.

Les analyses permettent notamment de rechercher une « signature géochimique » associée à la présence de pegmatites, des roches susceptibles de contenir du lithium.

« Une fois qu’on a déterminé la présence du lithium, à des points bien spécifiques, ça nous permet de réorganiser les forages », explique Kévin Tambwe, responsable de laboratoire, cité par l’AFP.

Avant même les opérations de forage, l’intelligence artificielle analyse de nombreuses données : anciennes cartes géologiques, résultats de forages réalisés dans le passé, parfois à l’époque coloniale, ainsi que des images satellitaires.

Les attentes de la population

À Manono, l’arrivée de l’entreprise américaine suscite des espoirs, mais aussi des interrogations. La région connaît l’exploitation minière depuis plus d’un siècle, notamment avec la production d’étain à l’époque coloniale.

Le vicaire général du diocèse de Manono, Wilson Katende, estime que l’arrivée de nouveaux investisseurs pourrait contribuer à améliorer les conditions de travail dans le secteur minier.

Dans la ville, les habitants attendent surtout des retombées concrètes. L’administrateur du territoire, Cyprien Kitanga, déplore notamment le manque d’eau potable et d’électricité.

« Manono manque d’eau potable. Manono n’est pas électrifié », affirme-t-il à l’AFP.

Selon lui, certaines entreprises minières sont venues exploiter les ressources sans suffisamment contribuer au développement local. « Elles sont venues prendre le minerai et elles ont laissé des trous aux enfants de Manono », déplore-t-il.

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La découverte du lithium a toutefois ravivé l’activité dans cette ville pauvre du Tanganyika. Des travailleurs espèrent que l’arrivée de nouveaux investisseurs permettra de créer davantage d’emplois et d’améliorer les salaires et les conditions de travail.

Cette question reste sensible dans la région. Des mineurs ont récemment protesté contre les faibles rémunérations et les longues journées de travail à l’entrée d’une mine exploitée par le groupe chinois Zijin. L’entreprise a indiqué à l’AFP avoir accepté de « corriger des écarts de salaires » et d’instaurer une « prime de nuit ».

L’arrivée de KoBold Metals ajoute ainsi un nouvel acteur au secteur minier congolais, dans un contexte marqué à la fois par la recherche de minerais stratégiques, la concurrence internationale et les attentes des communautés locales.

Source : Agence France-Presse (AFP).

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