Plusieurs figures de l’Opposition congolaise se sont réunies, mardi à Kinshasa, pour lancer la « Coalition article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel » (C64). A travers cette initiative, Martin Fayulu, Delly Sesanga, Jean-Marc Kabund, Matata Ponyo ou encore Moïse Katumbi entendent faire obstacle aux velléités de changement de Constitution.
A l’approche de 2028, l’Opposition se mobilise. Au Centre culturel Boboto de Kinshasa, elle a drainé une foule compacte pour lancer la lutte contre un probable troisième mandat du président Falix Tshisekedi. Dans la salle, Martin Fayulu, Delly Sesanga et Jean-Marc Kabund ont sonné le tocsin, en compagnie de représentants de Katumbi et Matata, actuellement en exil. En invoquant l’article 64 de la Constitution, les initiateurs de C64 espèrent obtenir un large ralliement de la population. Cette disposition constitutionnelle, en effet, appelle les citoyens à faire échec à toute prise ou exercice du pouvoir en violation des dispositions constitutionnelles.
« Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution. Toute tentative de renversement du régime constitutionnel constitue une infraction imprescriptible contre la nation et l’État. Elle est punie conformément à la loi », consacre l’article.
L’Église catholique en embuscade
Dans cette démarche, l’Opposition pourrait compter sur l’Église catholique, une alliée de circonstance. Récemment, Fridolin Ambongo a critiqué certaines initiatives politiques motivées par des intérêts partisans plutôt que par les préoccupations de la population congolaise. Selon lui, certaines réformes envisagées viseraient davantage à préserver une classe politique qu’à garantir une justice équitable et une gouvernance au service des citoyens.
« À l’Église catholique qui est déjà en ordre de marche, à l’Église protestante, de se lever et de dresser les fronts pour faire barrage à toutes ces velléités », a déclaré le cardinal Ambongo.
Revenant à la charge tout juste avant la sortie officielle de C64, le prélat a prédit des « jours à venir difficiles ». Toutefois, l’Église catholique ne fait pas officiellement partie de la Coalition qui compte toutefois plusieurs organisations et acteurs de la Société civile. Mais dans cette mobilisation contre le changement de Constitution, elle se présente comme un appui de taille pour l’Opposition.
« Lorsque le moment viendra, lorsqu’ils s’obstineront à faire passer ces lois, il faudra qu’ils nous trouvent sur leur chemin », a même prévenu Ambongo.
Le pouvoir, lui, ne semble pas prêt à céder. Mercredi, Augustin Kabuya a, à son tour, annoncé le lancement de « C4 », la Coalition des Congolais pour le changement de la Constitution. Plus évasif, le président a affirmé début mai ne pas être demandeur d’un troisième mandat tout en se rendant disponible à l’accepter si le peuple le lui offrait.
