Le Tribunal de grande instance de l’Ituri a condamné, lundi 5 octobre 2026, trois personnes à 30 mois de servitude pénale principale chacune pour provocation à la désobéissance aux lois de la République, dans une affaire liée aux activités de riposte contre Ebola à Mungamba. Deux autres prévenus ont été acquittés. La défense annonce son intention d’interjeter appel.
Trois personnes ont été condamnées à 30 mois de prison ferme à l’issue d’une audience foraine du Tribunal de grande instance de l’Ituri, tenue à Mungamba, dans la chefferie de Walese-Vonkutu, territoire d’Irumu. Selon Elezah.net, les cinq prévenus étaient poursuivis pour plusieurs infractions, dont le vol à l’aide de violences, la destruction méchante et la provocation à la désobéissance aux lois de la République.
Les faits remontent aux incidents survenus entre le 18 et le 28 août 2026, en marge des activités de riposte contre l’épidémie d’Ebola. Les prévenus étaient notamment accusés d’avoir entravé les opérations de riposte et participé à la destruction partielle d’une jeep de la zone de santé de Komanda, qui accompagnait des équipes chargées des enterrements dignes et sécurisés à Mungamba.
Trois condamnations, deux acquittements
Après l’instruction du dossier, les réquisitions du ministère public et les plaidoiries de la défense, le tribunal a acquitté les cinq prévenus des chefs de vol à l’aide de violences et de destruction méchante, faute de preuves suffisantes.
En revanche, Dieudonné Katembo Kaniki, Trésor Kambale Lieke et Javan Musubao Cavali ont été reconnus coupables de provocation à la désobéissance aux lois de la République. Ils ont chacun écopé de 30 mois de servitude pénale principale.

Dans son prononcé, le juge président, Romain Mulenga Kasongo, a également ordonné le paiement des frais d’instance, assortis d’une contrainte par corps de 30 jours, selon les modalités précisées dans le jugement.
La défense annonce un appel
Les avocats des prévenus se disent partiellement satisfaits du verdict, notamment en raison de l’acquittement de deux personnes, mais contestent les condamnations prononcées contre les trois autres.
Me Pascal Mirembe, avocat de la défense, a annoncé son intention de faire appel, particulièrement pour les prévenus qui restent en détention.
« Notre satisfaction est partielle. Pour le reste, nous allons continuer le combat. Dès que nous arriverons à Bunia, nous allons forcément interjeter appel pour ceux qui sont encore en détention », a-t-il déclaré.
De son côté, le ministère public, représenté par le magistrat Ali Olinga Ayongo, avait requis des peines de dix ans de prison pour le vol à l’aide de violences, de trois ans pour la destruction méchante et de trois ans pour la provocation à la désobéissance aux lois de la République, ainsi que des amendes contre les prévenus.
Cette audience foraine s’est tenue dans un contexte de riposte à l’épidémie d’Ebola en Ituri, où l’adhésion des communautés aux mesures sanitaires constitue un enjeu important pour les équipes de terrain.
