La République démocratique du Congo (RDC) lance un vaste programme de cartographie aéroportée de son potentiel minier. L’objectif est de mieux connaître les ressources du sous-sol congolais et d’attirer davantage d’investissements étrangers, selon un communiqué du gouvernement transmis mardi.
La RDC est le premier producteur mondial de cobalt et le deuxième producteur de cuivre. La Chine, qui a massivement investi dans le secteur minier congolais depuis les années 2000, contrôle une large part de ces deux filières. Avec la transition énergétique mondiale, les ressources congolaises en minerais critiques suscitent désormais un intérêt croissant de la part des grandes puissances économiques.
Sept aéronefs mobilisés
Financé par l’État congolais et prévu sur trois ans, le programme vise à améliorer les connaissances géologiques du pays et à identifier les zones présentant un potentiel minier.
Il prévoit des relevés géophysiques aéroportés à haute résolution, réalisés avec sept aéronefs, avec l’appui technique de l’entreprise espagnole Xcalibur.

Les opérations doivent couvrir neuf provinces, notamment celles de l’ancien Katanga, dans le sud-est du pays, une région qui abrite certains des gisements de minerais critiques les plus convoités au monde.
« L’objectif central est de mieux connaître les ressources de la RDC afin de mieux défendre les intérêts du pays », souligne le ministère des Mines dans le document présentant le projet.
Attirer davantage d’investissements
Cette initiative intervient alors que Kinshasa cherche à attirer de nouveaux investissements dans son secteur minier, notamment en provenance des États-Unis.
Washington cherche de son côté à sécuriser son approvisionnement en minerais essentiels aux industries de pointe. Les États-Unis et la RDC ont signé en décembre un accord de partenariat stratégique, qui comporte notamment un volet économique consacré aux ressources minières.
À ce stade, cet accord n’a toutefois pas encore entraîné une arrivée massive d’entreprises américaines dans le secteur minier congolais. Celui-ci reste confronté à des problèmes de gouvernance, à la corruption ainsi qu’à plusieurs controverses financières et environnementales.
Deux entreprises américaines disposent actuellement d’actifs miniers en RDC : KoBold Metals et Virtus Minerals. Des discussions se poursuivent entre les autorités congolaises et des acteurs économiques afin de créer les conditions nécessaires à de nouveaux investissements.
Malgré l’importance de ses ressources naturelles, la RDC dispose encore d’une capacité de production relativement faible au regard de son potentiel. Pour Kinshasa, la cartographie du sous-sol constitue donc un préalable pour mieux valoriser ces richesses et renforcer la position du pays dans la compétition mondiale autour des minerais critiques.
SOURCE : AFP
