Un mois après une première attaque revendiquée par le groupe armé M23, l’aéroport international de Bangboka à Kisangani a de nouveau été ciblé dimanche 1er mars par des drones kamikazes, selon le gouvernement provincial de la Tshopo. Quatre engins ont été interceptés, sans faire de victimes.

Selon un communiqué du gouvernement provincial de la Tshopo, le mouvement politico-militaire Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 Mars (AFC/M23), soutenu par le Rwanda et son armée, a attaqué « par des drones kamikazes chargés de sous-munitions » l’aéroport international civil de Bangboka, dans la ville de Kisangani.
Situé à plus de 1 000 kilomètres des lignes de front où s’affrontent l’armée congolaise et les rebelles, l’aérodrome de Kisangani accueille un trafic civil, mais il est également utilisé par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). La piste sert notamment au décollage de drones d’attaque et d’avions de chasse engagés dans des frappes contre les positions du M23.
« Quatre de ces drones ont été interceptés et abattus sur le ciel de Bangboka : le premier à 15H48, le deuxième à 17H30, le troisième à 19H30 et le dernier à 19H48, alors qu’un appareil civil de la Compagnie africaine d’aviation (CAA) amorçait déjà son atterrissage depuis 19H45 », détaille le communiqué. Aucune victime n’a été signalée.
Réapparu fin 2021, le M23 s’est emparé de vastes zones dans l’est de la République démocratique du Congo, région riche en ressources naturelles et marquée par plus de trois décennies de conflits armés.
Kisangani, ville de plus de 1,5 million d’habitants située à l’intérieur des terres, se trouve à plus de 800 kilomètres de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, grande ville de l’est du pays et fief du M23 depuis janvier 2025. La même distance la sépare d’Uvira, dernière grande ville congolaise à avoir connu des combats.
L’aéroport de Bangboka avait déjà été visé par des attaques de drones les 31 janvier et 1er février derniers. Le M23 avait revendiqué cette opération inédite, affirmant avoir procédé « à la destruction du centre de commandement des drones militaires installés à l’aéroport de Kisangani ».
Les drones sont devenus un outil central dans le conflit à l’est de la République démocratique du Congo. Les parties belligérantes s’accusent régulièrement d’y recourir, y compris dans des zones densément peuplées.
Samedi 28 février, le M23 a annoncé la mort de son porte-parole militaire, Willy Ngoma, tué selon le mouvement dans une frappe de drones des forces congolaises près de la cité minière de Rubaya, dans la province du Nord-Kivu, territoire occupé par le groupe armé depuis 2024.
Studio Hirondelle RDC, avec AFP