Depuis le 23 mars, les combattants du M23 ont quitté plusieurs villages du territoire de Lubero, dans le Nord-Kivu, selon des sources locales et des analystes. Un retrait dont les motivations restent floues, sur fond de tensions persistantes dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
Depuis lundi 23 mars, les combattants du M23 ont abandonné plusieurs localités dans le territoire de Lubero, situé dans la partie nord de la province du Nord-Kivu et de la zone d’activité du groupe armé, selon des sources locales et humanitaires.
« Les rebelles se sont retirés au milieu de la nuit du 23 au 24 mars » de Kipese, une localité située dans le territoire de Lubero, et de plusieurs villages à proximité des rives du lac Edouard dans ce même territoire, a déclaré à l’Agence France Presse (AFP) Jackson Kasonia, président de la société civile de Kipese. Des milices locales alliées à Kinshasa ont occupé certaines de ces localités dans la foulée, selon M. Kasonia.
A Katondi, localité située sur la route nationale 2 au sud de l’agglomération de Lubero, chef-lieu du territoire éponyme, « on s’est réveillé aujourd’hui sans la présence des M23 dans la cité », a affirmé Augustin Kataliko, responsable de la société civile locale, joint par téléphone. « Ils sont peut-être dans leurs camps dans les collines. Nous avons peur d’aller vérifier », a-t-il ajouté.
Le Baromètre sécuritaire du Kivu (KST), réseau d’analystes basés dans l’est de la RDC, a confirmé jeudi sur X que les combattants du M23 ont quitté depuis lundi « au moins 12 villages du territoire de Lubero ». Des membres du M23 contactés par l’AFP ont évoqué une simple « rotation » des effectifs, sans donner plus de précision.
Les lignes de front ont connu peu de mouvements ces dernières semaines dans l’est de la RDC, mais des affrontements continuent d’opposer régulièrement le M23 ou des milices qui lui sont alliées à l’armée congolaise, également soutenues par des milices, dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Les combats se concentrent notamment dans les hauts plateaux du Sud-Kivu à proximité de la localité de Minembwe, que se disputent depuis plusieurs mois les belligérants.
Le Mouvement du 23 mars (M23) s’est emparé depuis fin 2021, avec le soutien du Rwanda et de son armée, de vastes pans de territoire dans la partie orientale de la RDC, riche en ressources et ravagée par des conflits depuis plus de 30 ans.
La République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda ont entériné en décembre 2025 un accord de paix sous l’égide des États-Unis, qui n’a pas mis fin aux combats. Des délégués des deux pays se sont réunis à Washington les 17 et 18 mars « et sont convenus de mesures concrètes afin de faire avancer la mise en œuvre de l’accord », selon un communiqué du département d’État américain.
Studio Hirondelle RDC, avec l’AFC