Le gouvernement congolais et ses partenaires au développement accélèrent les démarches pour financer la modernisation du corridor 6, un axe stratégique destiné à améliorer la connectivité du nord-ouest de la République démocratique du Congo. Le projet prévoit notamment l’aménagement de l’axe Zongo–Boyabo–Gemena–Akula–Lisala, avec des infrastructures routières, fluviales et portuaires.
Le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, a présidé, le 4 août 2026 à Kinshasa, une réunion consacrée à l’accélération du financement de ce projet. La rencontre s’est tenue à la délégation de l’Union européenne, en présence notamment du vice-ministre du Budget, du secrétaire général aux Infrastructures ainsi que des représentants de l’Union européenne (UE), de l’Agence française de développement (AFD), de la Banque européenne d’investissement (BEI) et de la Banque africaine de développement (BAD).
L’objectif était notamment de faire le point sur les démarches à accomplir pour mobiliser les financements nécessaires à la réalisation de cet axe considéré comme stratégique pour le désenclavement du Grand Équateur.
Plus d’un demi-milliard de dollars mobilisable
Le projet devrait bénéficier du concours de quatre grands partenaires financiers : l’Union européenne, l’AFD, la BEI et la BAD.
Les financements envisagés comprennent notamment 170 millions de dollars de la BAD, 285 millions d’euros de la BEI, entre 50 et 60 millions d’euros de l’Union européenne et environ 80 millions d’euros de l’AFD.
Selon Antonio Capone, chef de section et gestionnaire des projets de coopération à la délégation de l’Union européenne en RDC, il s’agit du « plus grand investissement jamais réalisé par l’Union européenne dans le pays ».
Ces montants restent toutefois liés à la finalisation des requêtes et à la validation des différents mécanismes de financement.

Le ministre John Banza Lunda a insisté sur la nécessité d’accélérer les procédures.
« Nous sommes très, très pressés de voir ces travaux commencer. Il faut initier des contacts directs pour abréger les délais. Côté gouvernement, nous allons nous assurer que la requête parte le plus tôt possible », a-t-il déclaré lors de la réunion.
Un corridor stratégique entre la RDC, la Centrafrique et la région
Le corridor 6 fait partie des grands axes de transport et de commerce identifiés au niveau continental. Il relie notamment Douala, au Cameroun, à Kampala, en Ouganda, en traversant la République démocratique du Congo.
Pour la RDC, le projet doit contribuer à améliorer les liaisons entre l’ouest du pays et les zones du Grand Équateur, en combinant plusieurs modes de transport.
Le programme prévoit notamment l’aménagement de routes et de ponts, des pistes rurales ainsi que des infrastructures portuaires et fluviales. Une première priorité concerne l’axe reliant Bangui, en République centrafricaine, à Zongo, puis Zongo à Akula.
Le projet s’inscrit également dans la vision européenne du « Couloir vert », destinée à renforcer les connexions entre les différentes régions de la RDC grâce à des infrastructures de transport et à favoriser les échanges commerciaux.
Des études sur 573 kilomètres
Les études réalisées couvrent un linéaire d’environ 573 kilomètres entre Zongo et Lisala. L’Union européenne a déjà apporté un financement de 5 millions de dollars pour accompagner cette phase préparatoire.
Les études de faisabilité comprennent plusieurs composantes.

La première porte sur les études socio-économiques, environnementales et sociales ainsi que sur les études techniques. La deuxième concerne le renforcement des capacités des différents acteurs impliqués dans le projet. La troisième porte sur les études techniques détaillées, notamment l’Avant-Projet détaillé (APD) et la préparation des dossiers d’appel d’offres.
Les études préliminaires, notamment l’Avant-Projet sommaire (APS), sont annoncées comme finalisées et validées. Les études détaillées doivent désormais être lancées.
Un chantier attendu pour 2027
Le gouvernement souhaite accélérer les procédures afin de permettre le démarrage des travaux. La validation finale des requêtes de financement est annoncée dans les prochains mois, avec un objectif autour du début de 2027.
Le début des travaux est, lui, envisagé pour la fin de l’année 2027. Le projet prévoit notamment l’utilisation du béton compacté routier (BCR) pour la chaussée.
Pour le Sud-Ubangi et plus largement le Grand Équateur, la modernisation de cet axe représente un enjeu économique majeur. L’amélioration des routes et des infrastructures fluviales devrait faciliter l’évacuation des productions agricoles vers les grands centres de consommation, notamment Kinshasa, Mbandaka et Kisangani.
Le corridor pourrait également favoriser les échanges commerciaux avec la République centrafricaine et, plus largement, renforcer l’intégration régionale.
Au-delà du transport, les autorités et les partenaires comptent ainsi sur cette infrastructure pour soutenir les chaînes de valeur agricoles et stimuler les activités économiques dans les territoires desservis.
La prochaine étape consiste désormais à finaliser les requêtes de financement et les études techniques détaillées. La concrétisation de ces démarches déterminera le calendrier effectif de lancement des travaux.
