La République démocratique du Congo prévoit d’augmenter de 18,4 % les dépenses consacrées à la défense et à la sécurité en 2027. Cette hausse, qui intervient dans un contexte de persistance des conflits armés dans l’Est du pays, porte l’enveloppe projetée à plus de 14 000 milliards de francs congolais, selon le projet de loi de finances soumis à l’Assemblée nationale.
Plus de 2 000 milliards de francs congolais supplémentaires
Le gouvernement congolais envisage de consacrer 14 091 milliards de francs congolais, soit environ 6,1 milliards de dollars, aux secteurs de la défense et de la sécurité au cours de l’exercice budgétaire 2027.
Cette enveloppe représente une augmentation de 2 195 milliards de francs congolais par rapport aux 11 896 milliards prévus dans le budget rectificatif de 2026. En termes de progression, les crédits alloués à ces deux secteurs devraient ainsi augmenter de 18,4 %.

Présenté par la Première ministre Judith Suminwa, le projet de budget 2027 est évalué à 56 930 milliards de francs congolais, soit environ 24,75 milliards de dollars. Les dépenses de défense et de sécurité représenteraient ainsi près d’un quart du budget national projeté.
Renforcer les capacités des forces de sécurité
D’après le ministère du Budget, cette augmentation vise notamment à améliorer les capacités opérationnelles des forces de défense et de sécurité. Les ressources supplémentaires devraient contribuer à la formation des personnels, à l’acquisition d’équipements et au renforcement des moyens logistiques.
Cette orientation traduit la volonté des autorités de renforcer les capacités des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), alors que les défis sécuritaires restent importants sur plusieurs fronts.
Dans l’Est du pays, les affrontements avec différents groupes armés se poursuivent. Parmi eux figure l’AFC/M23, dont le soutien militaire du Rwanda a été documenté par les Nations unies, une accusation que Kigali conteste.
Un contexte sécuritaire toujours préoccupant
Face à la persistance des violences, Kinshasa poursuit également ses démarches diplomatiques dans le cadre des initiatives de Washington et de Doha, avec l’implication notamment des États-Unis et du Qatar. Ces processus visent à favoriser une désescalade du conflit et à parvenir à un cessez-le-feu durable.

Sur le plan militaire, la RDC cherche parallèlement à diversifier ses partenariats avec plusieurs pays, dont la Chine, la Turquie, les États-Unis et la France. Ces coopérations portent notamment sur la formation, la fourniture d’équipements et le renforcement des compétences des forces armées.
La recomposition des alliances politico-militaires constitue également un facteur supplémentaire d’incertitude. Le texte initial du projet de loi de finances intervient ainsi dans un environnement marqué par la multiplication des initiatives et des acteurs impliqués dans la crise sécuritaire.
Les secteurs sociaux également concernés
En parallèle des dépenses sécuritaires, le gouvernement prévoit 14 151 milliards de francs congolais, soit environ 6,15 milliards de dollars, pour les services sociaux de base.
Cette enveloppe doit notamment soutenir l’éducation, la formation professionnelle, les soins de santé ainsi que l’amélioration de l’accès à l’eau potable et à l’électricité.
Le projet de loi de finances 2027, déclaré recevable par l’Assemblée nationale le 30 octobre 2026, devra poursuivre son parcours parlementaire avant son adoption définitive.
L’enjeu sera notamment de concilier les impératifs de sécurité avec les besoins sociaux et économiques d’une population confrontée à de nombreuses difficultés.
